Le colloque organisé à Laâyoune consacre l’axe Rabat-Dakar comme pilier d’un modèle africain fondé sur la connaissance, l’innovation et la souveraineté partagée.
Le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Laâyoune a accueilli, dimanche, le Colloque sur le 60ᵉ anniversaire de la Convention d’établissement Maroc-Sénégal, en présence de plus de 200 participants venus des deux pays, parmi lesquels des chercheurs, responsables institutionnels et décideurs politiques. Organisé en partenariat avec l’Institut de Timbuktu, Centre africain d’études sur la paix, l’événement a rendu hommage à six décennies d’une coopération exemplaire, à la fois diplomatique, académique et économique.
Coïncidant avec le cinquantenaire de la Marche verte, cette rencontre symbolique a célébré une double mémoire : celle de la solidarité historique entre Rabat et Dakar, et celle d’une Afrique qui s’affirme par ses propres modèles de développement.
Les discussions se sont articulées autour de trois grands axes : l’évolution du partenariat politique vers un espace d’innovation, la mobilité académique comme levier stratégique, et le rôle de l’entrepreneuriat et de la souveraineté alimentaire dans la transformation du continent.
Les intervenants ont salué une relation bilatérale devenue un modèle de diplomatie du savoir et d’économie de la connaissance. Selon eux, la coopération maroco-sénégalaise dépasse désormais le cadre des accords traditionnels pour devenir un moteur d’innovation technologique, de recherche scientifique et de formation de capital humain à l’échelle africaine.
Les travaux se sont conclus par l’adoption de la Déclaration de Laâyoune, véritable feuille de route visant à ériger les relations entre les deux pays en modèle de coopération panafricaine fondée sur la recherche, l’innovation et la responsabilité partagée. Le texte appelle à l’élargissement des programmes universitaires conjoints, à la mise en place de structures de recherche communes et au lancement de projets collaboratifs dans les domaines de la sécurité alimentaire, des énergies renouvelables et de la croissance durable.
La déclaration met également en avant le rôle stratégique des provinces du Sud du Maroc comme trait d’union entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. En choisissant Laâyoune pour abriter ce colloque, les organisateurs ont voulu affirmer la vocation de la ville comme pôle émergent de coopération Sud-Sud, dans la lignée de l’Initiative atlantique pour le Sahel, lancée par le roi Mohammed VI en 2023.
Les débats ont replacé la coopération maroco-sénégalaise dans une perspective continentale plus large. L’axe Rabat-Dakar est désormais perçu comme une plateforme ouverte reliant le Maghreb et le Sahel aux chaînes de valeur atlantiques, soutenue par des projets structurants tels que le gazoduc Nigeria-Maroc, le port atlantique de Dakhla ou encore les interconnexions énergétiques et logistiques.
Dans cette optique, la Déclaration de Laâyoune prévoit la création d’un Réseau d’universités et de recherche de l’Axe atlantique, d’un Observatoire Maroc-Sénégal sur la sécurité alimentaire et le développement durable, ainsi que d’une Chaire d’études atlantiques dédiée à l’analyse des transformations géopolitiques et économiques africaines. Un plan d’action triennal (2026-2028) encadrera la mise en œuvre de ces initiatives, accompagné d’une plateforme numérique multilingue pour la coordination et la diffusion de la recherche.
MK/te/APA







