La coopération entre l’Algérie et le Niger connaît un regain d’activité, notamment autour du projet de gazoduc transsaharien, à l’occasion d’une réunion d’experts tenue à Niamey, en amont de la 2ᵉ session de la Grande commission mixte.
Coprésidée par des responsables des ministères des Affaires étrangères du Niger et de l’Algérie, une réunion d’experts s’est tenue afin d’évaluer les projets en cours et d’identifier de nouveaux axes de partenariat, avec en toile de fond la relance du gazoduc transsaharien (TSGP), un chantier stratégique évoqué depuis plusieurs années sans concrétisation notable.
Les échanges portent sur plusieurs secteurs structurants, dont l’énergie, les infrastructures, les télécommunications et les finances. Les autorités affichent leur volonté de renforcer l’intégration économique bilatérale et d’accélérer la mise en œuvre des projets existants. Ce cadrage institutionnel s’accompagne toutefois d’un constat implicite : nombre d’initiatives antérieures ont peiné à dépasser le stade déclaratif, alimentant une prudence croissante quant à la capacité réelle de transformer ces engagements en actions concrètes.
Le projet de gazoduc transsaharien, reliant potentiellement le Nigéria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, s’inscrit au cœur de cette séquence. Le vice-directeur de la Sonidep, Inouba Kader, a affirmé que le projet « sera mis en œuvre très prochainement », tout en rappelant qu’il n’avait jamais été abandonné sur le principe. Une déclaration qui traduit un volontarisme politique, mais qui intervient dans un contexte où des annonces similaires se sont succédé sans calendrier opérationnel clair ni lancement concret des travaux.
Sur le plan économique, le TSGP représente un investissement estimé depuis plusieurs années à plusieurs milliards de dollars, sans qu’aucune actualisation officielle récente ne soit communiquée. Les enjeux sont considérables : sécurisation des flux énergétiques, diversification des débouchés pour le gaz africain et renforcement des capacités d’exportation vers l’Europe. Néanmoins, les contraintes sécuritaires dans la zone sahélienne, les défis de financement et la complexité technique du tracé continuent de peser sur la viabilité du projet.
La relance actuelle s’inscrit ainsi dans une dynamique diplomatique privilégiant l’affichage d’une convergence stratégique. Elle intervient également dans un contexte régional marqué par une recomposition des alliances énergétiques et une concurrence accrue entre corridors gaziers. La tenue imminente de la Grande commission mixte pourrait apporter des clarifications sur les priorités opérationnelles, mais les précédents invitent à une lecture mesurée des annonces.
Au-delà du cas du TSGP, cette séquence illustre une constante des grands projets structurants portés par Alger : une ambition géoéconomique affirmée, souvent freinée par des contraintes d’exécution. Entre volontés politiques réaffirmées et défis structurels persistants, la concrétisation effective reste suspendue à des arbitrages financiers, sécuritaires et techniques qui dépassent le seul cadre bilatéral.
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