En qualifiant de « manœuvre » la plainte malienne pourtant confirmée par la Cour internationale de justice le 19 septembre, Alger s’enferme dans une rhétorique de dénégation qui fragilise son image de puissance régionale et met en lumière son embarras face à l’initiative juridique du Mali.
Par un communiqué publié le 19 septembre 2025, le ministère algérien des affaires étrangères a tenté de minimiser, voire de délégitimer, la requête introduite par le Mali devant la Cour internationale de justice (CIJ). Ce texte officiel persiste à qualifier de « manœuvre » une démarche pourtant confirmée par le greffe de la Cour, qui a bien transmis la plainte malienne aux autorités algériennes.
Le document, signé à Alger, s’emploie à dépeindre la position malienne comme paradoxale, accusant Bamako de fouler aux pieds la légalité et l’ordre constitutionnel. L’Algérie y répète avoir « démenti » l’existence de la plainte lors d’une conférence de presse tenue le 13 septembre par son ministre des affaires étrangères, Ahmed Attaf. Or, six jours plus tard, la CIJ a publié un communiqué officiel confirmant la réception de la requête malienne, réduisant à néant la ligne de communication algérienne.
Dans son texte, Alger multiplie les attaques verbales en qualifiant les autorités maliennes de « junte » et en dénonçant une « procédure manœuvrière ». Cette rhétorique, qui vise à délégitimer l’acteur malien, contraste fortement avec le choix de Bamako de recourir au droit international, une voie que l’Algérie affirme elle-même respecter lorsqu’elle l’estime opportune.
Au lieu d’ouvrir la porte à un règlement pacifique par les instances compétentes, Alger s’enferme ainsi dans une stratégie de dénégation et de mise en cause de la légitimité de son voisin. Cette posture apparaît d’autant plus fragile qu’elle place l’Algérie en porte-à-faux avec l’esprit du droit international et affaiblit son image de médiateur régional dans les crises sahéliennes.
MK/Sf/APA







