Alger met en avant son attachement aux valeurs démocratiques et de transparence au sein de l’Union africaine, mais la réalité politique intérieure contraste fortement avec ce discours.
Lors de l’ouverture d’une session de formation de l’Union africaine consacrée aux missions d’observation électorale, la secrétaire d’État chargée des Affaires africaines, Bakhta Selma Mansouri, a vanté « le leadership continental » de l’Algérie en matière de gouvernance démocratique. Selon elle, la présidence du Forum des chefs d’État du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), assumée depuis février 2024 par Abdelmadjid Tebboune, illustre l’engagement du pays à promouvoir des processus électoraux crédibles comme socle de stabilité.
Le discours officiel insiste sur l’alignement de l’Algérie avec les traités et mécanismes africains, ainsi que sur sa volonté d’accompagner les réformes électorales à travers l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Alger présente l’organisation de cette session de formation comme une preuve supplémentaire de son rôle stratégique en Afrique et de son soutien aux initiatives de l’UA.
Mais ce vernis diplomatique peine à masquer les contradictions internes. Le pouvoir algérien, régulièrement critiqué pour la faiblesse du pluralisme politique, l’absence de contre-pouvoirs institutionnels et la marginalisation de l’opposition, peine à incarner les standards qu’il prétend promouvoir. Les élections nationales organisées depuis 2019 ont été marquées par une abstention massive et par des contestations sur leur transparence.
La mise en avant de la « symbiose » entre Alger et l’Union africaine relève davantage d’un exercice d’image que d’un engagement profond en faveur de la démocratisation. Derrière le discours de « paix et stabilité », c’est une diplomatie d’influence qui se dessine, destinée à renforcer la posture régionale de l’Algérie plus qu’à impulser de véritables réformes de gouvernance au plan national.
En affichant un rôle moteur dans la promotion de la démocratie africaine tout en conservant un modèle politique fermé à l’intérieur, l’Algérie expose un décalage qui fragilise la crédibilité de son message sur la scène internationale.
MK/Sf/APA







