Intervenant à l’occasion du 63ᵉ anniversaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), Ahmed Attaf a soutenu que le règlement de la question saharienne devait passer par «des négociations directes entre les deux parties au conflit, le royaume du Maroc et le Front Polisario».
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par l’élargissement du soutien international au plan marocain d’autonomie, considéré par plusieurs capitales occidentales comme la base la plus crédible et pragmatique pour parvenir à une solution politique durable. Rabat insiste depuis plusieurs années sur le fait que l’Algérie ne peut plus être présentée comme un simple observateur du conflit, au regard de son soutien politique, diplomatique et logistique au Polisario.
Les évolutions récentes du cadre onusien ont également contribué à renforcer cette lecture. Les tables rondes organisées sous l’égide des Nations Unies avec la participation du Maroc, de l’Algérie, du Polisario et de la Mauritanie ont progressivement installé l’idée qu’aucune avancée politique réaliste ne pouvait être envisagée sans implication directe d’Alger.
Pour plusieurs observateurs, la bataille diplomatique actuelle porte désormais autant sur la définition politique du conflit que sur son règlement lui-même. Le Maroc cherche à repositionner le dossier comme une rivalité régionale impliquant directement l’État algérien, tandis qu’Alger continue de défendre une lecture centrée exclusivement sur le Polisario afin d’éviter d’être reconnue comme partie prenante du différend.
Cette divergence d’interprétation influence désormais les équilibres diplomatiques autour du Sahara. Plus l’Algérie apparaît comme un acteur central du conflit, plus la proposition marocaine d’autonomie gagne en crédibilité auprès des partenaires internationaux soucieux de stabilité régionale et d’intégration économique au Maghreb et au Sahel.
MK/AK/Sf/APA







