Le président du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Pascal Affi N’Guessan, dont la candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 a été rejetée, a fait face à la presse ce jeudi 11 septembre 2025, pour dénoncer « une élimination politique arbitraire », et compte déposer recours devant le procureur de la République.
L’ex-Premier ministre ivoirien, M. Pascal Affi N’Guessan, entend saisir le procureur de la République pour la suspension du processus électoral, après invalidation de plusieurs parrainages citoyens, provoquant le rejet de son dossier de candidature.
Le Conseil constitutionnel a jugé irrecevable, le lundi 8 septembre 2025, la candidature du leader du FPI. Sur 37 412 parrainages requis, l’institution a conservé 16 908 et invalidé 29 638 parrainages, soit 21 143 pour numéros de Cartes nationales d’identité (CNI) erronés.
En outre, le Conseil constitutionnel soutient que 3 046 individus l’ayant parrainé ont de « fausses cartes d’électeurs ». Son dossier comportait 2 405 parrainages en « double décompte, 1 065 pour cause de doubles parrainages, 1 976 pour région ou identité erronée et trois parrainages de la diaspora ».
Pour Affi N’Guessan, ces chiffres sont « hallucinants », estimant que son dossier a été rejeté sur la base d’éléments que le FPI « récuse avec fermeté », parce qu’« aucune des données livrées dans l’arrêt du Conseil constitutionnel ne correspond à notre dossier de parrainages, le vrai, celui que nous avons déposé devant la Commission électorale indépendante. »
Le président du FPI a soutenu que le Conseil constitutionnel leur a « attribué » 46 546 parrainages, alors que, selon lui, sur la clé USB déposée à la CEI, le chiffre s’élève à 44 382 parrains dans 20 régions, soit 120,49 % du nombre nécessaire, évoquant ostensiblement un écart.
« Entre les deux institutions, il existe un différentiel de 2 164 parrainages. Ce n’est évidemment pas acceptable », a-t-il dit, estimant qu’il est « évident » que le dossier de parrainages analysé par le Conseil constitutionnel pour « révoquer » sa candidature n’est pas celui que le parti a déposé à la CEI.
Il a rappelé que le 19 mai 2025, le porte-parole de la CEI avait reconnu des « manipulations frauduleuses » portant sur des faits de « transhumance » sur la liste électorale et avait annoncé une saisine de la justice.
Toutefois, a-t-il regretté, son parti « n’a jamais eu connaissance des conclusions de l’enquête », soulignant que lorsqu’on a les moyens de manipuler la liste électorale, on a aussi les moyens de transférer de faux dossiers de parrainages.
Pour les cas de fraudes et de CNI « fictives » évoqués, M. Affi a expliqué que les parrainages recueillis étaient à 80 % ceux des compatriotes qui leur avaient accordé leur parrainage en 2020. Partant de ce fait, il a soutenu qu’une « information validée en 2020 ne peut pas être invalidée en 2025 ».
Par ailleurs, l’ex-Premier ministre ivoirien, Affi N’Guessan, a fait observer que la CNI n’est pas « nécessaire pour valider un parrainage, dès lors que le numéro de la carte d’électeur constitue l’élément essentiel d’identification ».
Concernant les doublons « éventuels », il a précisé que l’article 54 du Code électoral fait obligation de leur en parler, mais cela n’a pas été fait. Poursuivant, Affi N’Guessan a jugé « inacceptable » que sa candidature soit rejetée sur la base d’un dossier de parrainages qui n’est manifestement pas le leur.
« Le parrainage est un instrument conçu pour se prémunir des candidatures fantaisistes. Il ne doit pas devenir une arme d’élimination massive de candidats sur la base d’erreurs de transmission, qu’elles soient involontaires ou volontaires », a-t-il déploré.
« Nous demandons une enquête, que la justice recherche qui est à l’origine de cette falsification. La Commission électorale indépendante doit réparer cette erreur et en tirer les conséquences », a-t-il insisté, annonçant qu’il saisira le procureur de la République et portera plainte contre X.
En attendant, Affi N’Guessan a demandé au tribunal de « requérir de la CEI la suspension du processus électoral, le temps pour lui de se prononcer sur le fond ». Pour lui, le processus électoral « doit être repris à zéro sur des bases objectives et transparentes et sans Alassane Ouattara, qui doit renoncer à y participer » pour cause d’un « 4e mandat anticonstitutionnel ».
Dans cette bataille, il a sollicité l’unité « absolue » de l’opposition, expliquant qu’une stratégie commune permettra d’empêcher le 4ᵉ mandat du président sortant Alassane Ouattara.
AP/Sf/APA






