La Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI) a défini quatre orientations majeures pour renforcer la gouvernance frontalière au terme d’un atelier de vulgarisation de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières de Côte d’Ivoire (PNGIF-CI) avec les autorités préfectorales.
Débutée le 5 novembre 2026 à Yamoussoukro, cette rencontre stratégique s’est clôturée ce vendredi 6 novembre 2026, posant les bases d’une gestion plus collaborative et préventive des espaces frontaliers ivoiriens.
Le secrétaire exécutif de la CNFCI, Diakalidia Konaté, s’est félicité de la qualité et de la pertinence des échanges. Ces deux journées ont permis de partager une vision commune de la gouvernance, de confronter les orientations nationales aux réalités du terrain et de réfléchir aux moyens de rendre l’action collective plus cohérente et efficace.
Les travaux ont réaffirmé que la gestion intégrée des frontières nécessite une mobilisation concertée de l’État, des collectivités, des acteurs non étatiques, des communautés locales et des autorités des pays limitrophes.
M. Konaté a décliné les quatre orientations clés devant guider les prochaines actions, dont la première porte sur l’appropriation de la PNGIF-CI à travers le partage des connaissances acquises avec les services déconcentrés, les forces de défense et de sécurité, les responsables des collectivités territoriales, les autorités traditionnelles et les communautés des zones frontalières.
La deuxième orientation concerne le renforcement de la coordination des interventions dans les zones frontalières. À ce titre, la CNFCI entend poursuivre, de concert avec les autorités préfectorales, la mise en cohérence des initiatives menées par les différents ministères et les partenaires techniques au développement (PTD) dans ces espaces.
La troisième orientation vise l’amélioration de la collecte et de la remontée des informations. Les communautés devront ainsi pouvoir signaler rapidement aux autorités préfectorales les incidents, les tensions et les risques constatés sur le terrain.
Ces données seront transmises à la CNFCI pour traitement et analyse, avant d’être portées, selon leur nature, à l’attention des ministères compétents ou des homologues des pays voisins, dans le respect des accords établis et de la législation en vigueur.
« Notre ambition doit être de passer d’une gestion réactive des incidents à une véritable culture d’anticipation et de prévention », a déclaré le secrétaire exécutif de la CNFCI. Dans cette perspective, il a invité les préfets présents à instruire leurs sous-préfets afin qu’ils procèdent à la création ou à l’actualisation des comités de veille et de sensibilisation.
La quatrième orientation porte sur le renforcement de la coopération transfrontalière de proximité. Les initiatives de dialogue avec les autorités des pays voisins devront être encouragées, mieux structurées et inscrites dans des mécanismes de coopération reconnus.
Il a exhorté le corps préfectoral à faire de cette politique un véritable instrument de coordination territoriale, de prévention des conflits et de promotion du développement dans leurs circonscriptions respectives.
Il a insisté sur le fait que la clôture des travaux ne devait pas marquer la fin de l’engagement des participants, mais plutôt constituer le point de départ d’une collaboration plus fructueuse entre la CNFCI et les autorités locales.
Pour sa part, la représentante du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), Natalija Spunjini, a souhaité que cette rencontre marque une nouvelle étape dans l’appropriation et le déploiement de cette politique dans les régions frontalières.
Au nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le directeur général de l’Administration du territoire (DGAT), Ibrahima Bayo, a salué l’initiative conjointe de la CNFCI et de l’ICMPD, ainsi que la forte mobilisation des autorités préfectorales.
Il a rappelé que la gestion des espaces frontaliers constitue une dimension essentielle de l’administration du territoire. Au-delà des impératifs sécuritaires, elle engage l’autorité de l’État, la protection des populations, la coopération transfrontalière et la préservation des relations de bon voisinage.
Selon lui, il appartient aux autorités préfectorales de traduire ces orientations nationales en actions concrètes, adaptées aux réalités de leurs circonscriptions administratives. Le DGAT a, par ailleurs, appelé les préfets à favoriser la complémentarité des interventions, à prévenir les cloisonnements administratifs et à garantir la cohérence de l’action publique, en étroite collaboration avec la CNFCI.
« Notre ambition commune doit donc être de passer d’une gestion essentiellement réactive des questions frontalières à une approche davantage préventive, concertée et tournée vers le développement », a-t-il déclaré, avant d’exprimer le vœu que les enseignements de cet atelier contribuent à renforcer les engagements collectifs en faveur d’espaces frontaliers mieux administrés, plus sûrs et davantage ouverts aux opportunités de développement.
AP/APA





