Au lendemain de sa réélection à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors du premier congrès du parti, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a créé la surprise ce samedi 16 mai 2026, en évoquant une réorganisation interne sans succession immédiate.
Devant des milliers de militants réunis à Songon, à l’Ouest d’Abidjan, pour la 4e édition de la Fête de la renaissance, le leader de l’opposition a annoncé son intention de « déléguer » ses pouvoirs de président de la formation politique.
« Dans quelques jours, nous allons organiser un congrès électif pour les jeunes et ensuite pour les femmes », a annoncé l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, indiquant que les dates seront connues dès le lundi 18 mai 2026.
Laurent Gbagbo a tenu à clarifier la portée de sa décision, écartant fermement toute idée de retrait définitif ou de succession automatique. Cette restructuration interviendra après la tenue de congrès électifs dédiés aux ligues des jeunes et des femmes.
« Après ces congrès, je vais déléguer les pouvoirs de président. Je n’ai pas dit que je vais le nommer comme mon successeur », a martelé l’ancien chef de l’État. Utilisant une métaphore imagée, il a précisé : « Comme je ne peux pas courir pour aller au marché, c’est lui qui va courir pour aller au marché ».
L’objectif affiché est d’assurer la continuité opérationnelle de la formation de gauche. « On va voir si je peux danser en allant derrière ou en allant devant. Ça va dépendre », a-t-il ajouté, laissant planer le doute sur son positionnement futur.
Le président du PPA-CI a profité de cette tribune pour aborder les crises sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest. Il a vivement condamné les attaques armées au Mali ayant ciblé le régime d’Assimi Goïta, déplorant la mort du ministre d’État chargé de la Défense, Sadio Camara.
Dressant une cartographie des menaces, il a évoqué la situation conflictuelle du Mali, relevant que le pays est confronté à une rébellion islamiste et puis à la rébellion de l’Azawad (près de la frontière algérienne) qui veut l’indépendance du Nord, riche en pétrole et en gaz.
Laurent Gbagbo a exhorté l’Union africaine à mettre en place une force d’intervention concertée. Pour lui, « il faut que les Africains s’organisent pour intervenir dans les pays où les rébellions sévissent », rappelant que le développement du continent reste tributaire de sa stabilité politique.
Sur le plan économique national, la gestion de la filière cacao a suscité une vive réaction de l’ancien président ivoirien, qui s’est exclamé : « Quelle pitié ! ». Rompant avec le système actuel, il préconise un changement de paradigme où les producteurs fixent eux-mêmes les prix de vente plutôt que de subir les cours imposés. Cette stratégie nécessitera, selon lui, une synergie accrue avec les autres pays producteurs de la région.
Analysant la scène internationale, Laurent Gbagbo a réitéré sa position sur le conflit israélo-palestinien. Il a réaffirmé la nécessité absolue d’établir un État palestinien souverain, affirmant que « tant que les Palestiniens n’ont pas un État, la guerre entre Israël et ses voisins ne va pas finir ».
Cette prise de parole globale, mêlant réorganisation structurelle de son parti et analyses géopolitiques, confirme la volonté de Laurent Gbagbo de demeurer un acteur central du débat public ivoirien et continental.
AP/Sf/APA






