Une délégation de dix représentants cambodgiens a effectué une visite d’étude en Côte d’Ivoire du 15 au 19 juin 2026, afin de s’inspirer du modèle ivoirien pour développer le programme juridictionnel REDD+ du Cambodge, notamment autour du massif de Prey Lang.
Dix représentants du Secrétariat REDD+ et de l’Administration forestière du Cambodge effectuent une mission d’étude en Côte d’Ivoire, dans le cadre du programme de la Banque mondiale SCALE destiné à réduire les émissions.
Au nom de la Banque mondiale, le Task Team Leader du PRE (Programme de Paiement des Réductions d’Émissions autour du Parc national de Taï), Jean-Dominique Bescond, a salué les résultats obtenus par la Côte d’Ivoire dans le cadre de ce projet.
Il a rappelé que plus de 21 000 bénéficiaires, dont 10,7 % de femmes, ont déjà reçu des paiements directs via Mobile money et que près de 2 900 personnes ont pu accéder à des documents d’identité grâce au programme.
Selon lui, ces résultats démontrent que la lutte contre les changements climatiques peut également générer des bénéfices sociaux et économiques concrets pour les communautés en zone rurale.
La Côte d’Ivoire est désormais reconnue comme un pays formateur en matière de financement carbone forestier. À travers son Programme de Paiement des Réductions d’Émissions autour du Parc national de Taï (PRE), le pays partage son expertise unique.

Le ministère ivoirien de l’Environnement a bâti un système robuste de Mesure, Reporting et Vérification (MRV), et structuré un Plan de Partage des Bénéfices (PPB) équitable, permettant d’acheminer directement les fonds vers les communautés.
Le projet PRE a permis, de 2020-2027, de réaliser près de 20 millions de tonnes de CO₂ vérifiées et plus de 71 000 hectares restaurés. Plus de 21 000 bénéficiaires ont reçu des paiements directs par Mobile Money et près de 2 900 personnes ont pu accéder à des documents d’identité.
La mission d’immersion de la délégation cambodgienne a débuté, à Abidjan le 15 juin 2026, au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique. Le Coordonnateur du PRE a présenté le cadre institutionnel du programme aux côtés des partenaires clés (OIPR, SODEFOR, FPRCI, SEP-REDD+).
Pour le général Adama Tondossama, directeur général de l’OIPR (Office ivoirien de la protection des parcs et réserves), cette visite illustre une évolution majeure : « Hier, la Côte d’Ivoire allait chercher des expériences ailleurs ; aujourd’hui, d’autres pays viennent s’inspirer de l’expérience ivoirienne ».
La seconde journée a permis aux experts des deux pays d’échanger sur leurs ambitions climatiques, lors d’ateliers techniques, le 16 juin 2026, à Grand-Béréby, dans le Sud-ouest de la Côte d’Ivoire.
Les Ivoiriens ont détaillé les rouages de la monétisation du carbone (marché volontaire, coalition LEAF, EMERGENT Forest Finance Accelerator). En retour, la délégation cambodgienne a présenté sa stratégie de neutralité carbone pour 2050.

La délégation s’est rendue, le 17 juin 2026, dans la sous-préfecture de Doba (plus précisément à l’Agroforêt de Rapides-Grah et aux abords du Parc national de Taï) pour observer concrètement les retombées du programme.
Ce massif de 348 000 hectares, plus grand vestige de forêt primaire d’Afrique de l’Ouest et Patrimoine mondial de l’UNESCO, sert de laboratoire grandeur nature. La délégation s’est félicitée de cette visite Sud-Sud de Partage de connaissances sur la REDD+ et du paiement carbone ivoirien.
Interrogé sur les raisons ayant motivé cette visite, le chef de délégation du Cambodge a expliqué que son pays met en œuvre, avec l’appui de la Banque mondiale, un mécanisme similaire de REDD+.
Il a confié que cette mission permettra d’alimenter les réflexions en cours au Cambodge en vue de développer un mécanisme performant de réduction des émissions, de conservation des forêts et d’amélioration des moyens de subsistance des populations, avec l’accompagnement de la Banque mondiale.
Pour la Banque mondiale, représentée par Jean-Dominique Bescond, ces initiatives prouvent que la lutte contre le changement climatique génère des bénéfices sociaux et économiques concrets, faisant de ces mécanismes des leviers de développement durable et de prospérité pour les populations rurales.
La Côte d’Ivoire est devenue une référence mondiale en matière de financement carbone forestier. Ce n’est plus seulement un pays bénéficiaire : c’est désormais un pays formateur, qui partage son modèle avec d’autres nations en développement.
AP/APA






