Le Maroc déploiera à partir de la mi-février 320 érudits religieux auprès des communautés marocaines établies à l’étranger pour le Ramadan 2026, une initiative annuelle à forte portée religieuse, sociale et diplomatique.
La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger a annoncé que le Royaume enverra 320 érudits religieux accompagner les Marocains de la diaspora durant le mois de Ramadan 2026, perpétuant une tradition instaurée en 1992. La délégation quittera le Maroc le 16 février afin d’assurer un encadrement religieux et spirituel tout au long du mois sacré.
Selon la fondation, cette mission est structurée autour de profils académiques et religieux diversifiés. Elle comprend 39 professeurs d’université, 50 prédicateurs titulaires d’un doctorat, 60 prédicateurs titulaires d’un master et 75 titulaires d’une licence. À cela s’ajoutent 66 prédicateurs chargés de prononcer les sermons et de diriger les prières de Tarawih, ainsi que 30 imams dédiés exclusivement à la conduite de ces prières nocturnes.
La répartition géographique témoigne de l’importance accordée à l’Europe occidentale. La France accueillera la plus importante délégation avec 82 érudits, suivie de l’Allemagne et de l’Espagne avec 51 chacun. La Belgique recevra 42 délégués, les Pays-Bas 35, l’Italie 26, le Canada 14 et les États-Unis 6. Des pays nordiques et d’Europe centrale accueilleront chacun un ou quelques représentants.
La fondation souligne que cette mission annuelle vise à promouvoir les constantes religieuses du Maroc – fondées sur le rite malikite, la doctrine acharite et le soufisme sunnite – tout en diffusant des messages de paix, de solidarité et de cohésion sociale, en conformité avec les principes de coexistence. Elle insiste également sur la dimension symbolique de cet accompagnement pour les Marocains de l’étranger, en particulier dans les sociétés occidentales où les enjeux identitaires et religieux sont sensibles.
Au-delà de sa dimension cultuelle, cette initiative s’inscrit dans une diplomatie religieuse structurée de longue date par le Royaume. Souvent analysée sous son prisme africain, notamment à travers la formation des imams et la coopération Sud-Sud, cette diplomatie s’exerce également en Europe, où Rabat cherche à stabiliser la pratique religieuse et à contrer les discours radicalisés.
Cette orientation s’est renforcée sous le règne du roi Mohammed VI, faisant de l’encadrement religieux de la diaspora un instrument d’influence douce et un levier de crédibilité géopolitique, en positionnant le Maroc comme interlocuteur de référence sur la gestion de l’islam en Europe.
MK/AK/Sf/APA







