Le Plan de réponse humanitaire 2026 pour le Mali, présenté le 5 février à Bamako, prévoit d’assister 3,8 millions de personnes parmi les 5,1 millions identifiées comme étant dans le besoin. Le financement requis pour la mise en œuvre de ce plan s’élève à 577,9 millions de dollars, selon les Nations unies.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) au Mali a présenté le Plan de réponse humanitaire pour l’année 2026. La cérémonie s’est tenue le 5 février 2026, à Bamako, en présence de représentants du système des Nations Unies, des autorités maliennes et des partenaires humanitaires, dont M. Pierre Camara, représentant du HCR au Mali.
Selon le résumé exécutif du plan publié sur ReliefWeb, 5,1 millions de personnes sont identifiées comme ayant besoin d’une assistance humanitaire en 2026. Parmi elles, la communauté humanitaire prévoit de cibler 3,8 millions de personnes, avec une enveloppe financière estimée à 577,9 millions de dollars. Le document précise que le contexte humanitaire reste marqué par la persistance de l’insécurité et des violences, des vulnérabilités socio-économiques structurelles, des chocs climatiques récurrents et des épisodes épidémiques, qui continuent d’affecter les conditions de vie et l’accès aux services essentiels, en particulier dans les régions du nord et du centre du pays.
Le Plan de réponse humanitaire 2026 indique que les interventions seront priorisées dans 97 des 159 cercles administratifs du Mali. Parmi ces zones, 45 cercles présentent des poches de sévérité aiguë qui ont été intégrées au ciblage, y compris lorsque le niveau global de sévérité du cercle n’atteint pas le seuil critique, conformément à l’échelle multisectorielle utilisée par les acteurs humanitaires.
Le document souligne que la diminution de plus de 20 % du nombre de personnes ciblées, du nombre de personnes en besoin et du financement requis par rapport à 2025 ne reflète pas une amélioration de la situation humanitaire. Cette évolution résulte d’un ajustement méthodologique lié à la baisse des financements internationaux. En 2025, le Mali avait reçu 21 % des 771 millions de dollars requis dans le cadre de l’appel humanitaire, soit un peu plus de 200 millions de dollars effectivement mobilisés, représentant le niveau de financement le plus faible enregistré au cours des dix dernières années.
Le Plan de réponse humanitaire 2026 détaille également les conséquences attendues du sous-financement. Selon les estimations, 913 000 personnes continueront de vivre dans des abris précaires sans biens essentiels. Environ 1,7 million de personnes resteront privées d’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats, tandis que près d’un million d’enfants demeureront sans accès à l’éducation. Le document fait état de 741 000 enfants de moins de cinq ans exposés à la malnutrition aiguë, de 1,6 million de personnes ne bénéficiant d’aucun mécanisme de protection et d’un nombre similaire confronté à une insécurité sanitaire sévère. Il indique également que 1,2 million de personnes pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire.
Présentant le plan, la coordonnatrice résidente des Nations Unies au Mali et coordonnatrice humanitaire, Hanaa Singer-Hamdy, a rappelé que le dispositif vise à répondre aux besoins immédiats tout en soutenant des actions favorisant le relèvement et la résilience des communautés, selon les informations contenues dans le document officiel.
Lors de la cérémonie, la ministre malienne de la Santé et du Développement social, Assa Badiallo Touré, a réaffirmé l’engagement des autorités à soutenir les populations vulnérables, notamment les déplacés internes, les réfugiés et les personnes retournées ou rapatriées. Elle a également évoqué les efforts visant à faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs localités d’origine et à renforcer la résilience face aux effets du changement climatique.
Le Plan de réponse humanitaire 2026 publié par OCHA constitue le cadre de référence de l’action humanitaire au Mali pour l’année à venir, dans un contexte marqué par des besoins élevés et un niveau de financement international en recul.
MD/Sf/APA







