Le Groupe régional de l’Afrique de l’Ouest du Parlement panafricain a multiplié les consultations institutionnelles à Dakar pour accélérer la ratification et la mise en œuvre de six instruments juridiques de l’Union africaine, au terme d’une mission de cinq jours conduite par l’honorable député Lazare Yao Yao.
Du 27 septembre au 1er octobre 2026, la délégation ouest-africaine du Parlement panafricain a placé le Sénégal au cœur de son plaidoyer en faveur d’une meilleure appropriation des normes juridiques de l’Union africaine.
Conduite par Lazare Yao Yao, chef de la délégation, la mission a privilégié les échanges directs avec les principales institutions susceptibles d’intervenir dans le processus de ratification, de transposition et de mise en œuvre des instruments concernés.
À Dakar, la délégation a ainsi rencontré la Commission des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Sénégalais de l’extérieur de l’Assemblée nationale, ainsi que les leaders des groupes parlementaires. Le président de l’Assemblée nationale et son premier vice-président ont également reçu les représentants du Parlement panafricain.
Sur le plan gouvernemental, des entretiens ont eu lieu avec le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le ministre Secrétaire général du Gouvernement et le ministre de l’Industrie et du Commerce.
La délégation s’est également entretenue avec la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Commission nationale des droits de l’Homme.
Cette série de rencontres a permis au Parlement panafricain de présenter les objectifs de sa mission, mais surtout d’échanger avec les autorités sénégalaises sur les mécanismes nationaux permettant de faire progresser les six instruments faisant l’objet du plaidoyer.
Six textes au centre du plaidoyer
Le premier enjeu concerne le Protocole à l’Acte constitutif de l’Union africaine relatif au Parlement panafricain, dans sa version révisée, communément appelé Protocole de Malabo.
La délégation souhaite notamment voir le Sénégal avancer vers la ratification de ce protocole, qui doit renforcer les pouvoirs du Parlement panafricain.
Le plaidoyer porte également sur la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, le protocole relatif à la libre circulation des personnes, au droit de séjour et au droit d’établissement, ainsi que le protocole relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique.
S’y ajoutent l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et ses protocoles essentiels, ainsi que le protocole relatif au droit à une nationalité et à l’éradication de l’apatridie en Afrique.
À travers ces différents instruments, le Parlement panafricain entend promouvoir une meilleure convergence entre les engagements pris au niveau continental et leur traduction dans les législations et politiques nationales.
Le Parlement panafricain mise sur les députés sénégalais
Au terme des consultations de Dakar, le député Lazare Yao Yao a insisté sur la responsabilité des parlementaires sénégalais membres du Parlement panafricain dans la poursuite du processus.
Selon lui, leur rôle sera déterminant pour accompagner les procédures nationales nécessaires à la ratification et à la transposition des instruments concernés.
La délégation considère en particulier que les parlementaires sénégalais doivent contribuer à faire avancer le dossier du Protocole révisé du Parlement panafricain.
L’enjeu, a-t-elle rappelé, ne se limite toutefois pas à la ratification des textes. Une fois adoptés, ceux-ci doivent être effectivement intégrés dans l’ordre juridique national et appliqués de manière à produire des effets concrets pour les populations.
« La ratification constitue une étape essentielle, mais elle doit être suivie d’actions concrètes afin de garantir l’effectivité des instruments concernés », a déclaré Lazare Yao Yao à l’issue de la mission.
De la signature des engagements à leur effectivité
Le principal enseignement des consultations menées à Dakar réside ainsi dans la nécessité de renforcer le suivi des engagements africains au niveau national.
Pour le Parlement panafricain, l’appropriation des instruments de l’Union africaine passe par leur ratification, mais aussi par l’adoption des mesures d’application, leur intégration dans les cadres juridiques nationaux et leur mise en œuvre effective.
Les autorités rencontrées ont, selon la délégation, exprimé leur volonté de contribuer à l’avancement du processus de ratification et à la transposition des instruments concernés.
La prochaine phase consistera donc à maintenir le dialogue avec les institutions compétentes et à suivre les engagements exprimés durant les différents entretiens.
La délégation entend également poursuivre les actions de sensibilisation auprès des parties prenantes afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux liés aux six instruments.
Cinq jours de consultations à Dakar
En cinq jours, la mission du Groupe régional de l’Afrique de l’Ouest aura ainsi couvert les principaux acteurs institutionnels concernés par les questions de législation, de gouvernance, de droits humains, d’intégration africaine, de commerce et de libre circulation.
De l’Assemblée nationale au gouvernement, en passant par les institutions électorales et les mécanismes nationaux de protection des droits humains, les rencontres ont permis à la délégation de présenter les priorités du Parlement panafricain et de recueillir les observations des autorités sénégalaises.
Lazare Yao Yao a salué la qualité des échanges ainsi que la disponibilité des responsables rencontrés.
La délégation a également remercié les autorités sénégalaises pour l’accueil qui lui a été réservé et les facilités mises à sa disposition pendant son séjour.
À l’issue de cette mission, le Parlement panafricain entend maintenir la dynamique engagée à Dakar afin que les discussions menées avec les autorités sénégalaises débouchent sur des avancées concrètes dans le processus de ratification et de mise en œuvre des instruments juridiques de l’Union africaine.
TE/APA





