Cette prise de position de Steadright au Maroc, à travers le projet TitanBeach Titanium, s’inscrit dans un contexte géopolitique où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiques devient un enjeu central.
La société canadienne Steadright Critical Minerals Inc. a annoncé, jeudi, la signature d’un protocole d’accord avec les actionnaires de NSM Capital, entreprise marocaine détentrice de permis de recherches minières dans la région de Cap Juby, au sud du Maroc. Cet accord pourrait conduire à une prise de participation de 80 % dans le projet TitanBeach Titanium, marquant une étape stratégique pour la junior minière canadienne, en quête de diversification hors de l’Amérique du Nord.
Le projet couvre une zone de 160 km² de sables côtiers le long de l’Atlantique, où des échantillonnages historiques de 2023 indiquaient des teneurs de 42 % en fer et de 4,7 % en titane. Steadright a indiqué que des analyses supplémentaires sont en cours pour confirmer ces données et approfondir la compréhension géologique du site.
Le dioxyde de titane, extrait du rutile ou de l’ilménite, est classé parmi les minéraux critiques par plusieurs grandes juridictions, dont le Canada, les États-Unis et l’Union européenne. Cette classification tient à ses nombreuses applications industrielles, notamment dans les pigments, les alliages métalliques et les industries aérospatiale et de défense. Ces dernières années, la pression sur les approvisionnements mondiaux s’est accentuée du fait des tensions géopolitiques et des restrictions imposées par certains producteurs majeurs, tels que la Chine.
Fondée en 2019 et cotée à la Bourse canadienne, Steadright a fait de la diversification géographique de ses actifs un pilier de sa stratégie. Son directeur général, Matt Lewis, a salué « le potentiel remarquable des sables de TitanBeach » et vanté le cadre minier marocain « propice à l’investissement, avec une exonération fiscale sur les bénéfices durant les cinq premières années de production ». Le régime marocain figure en effet parmi les plus attractifs de la région MENA, suscitant un intérêt croissant chez les acteurs miniers étrangers.
Une étude géologique conforme à la norme NI 43-101, reconnue dans l’industrie minière canadienne pour la transparence et la fiabilité des données, sera lancée dès la semaine prochaine. Robert Palkovits, géologue professionnel et consultant indépendant auprès de Steadright, a été mandaté pour superviser cette phase, considérée comme cruciale en vue de l’obtention d’un permis d’exploitation.
L’issue de ces travaux conditionnera la conversion des licences de recherches en permis de production, qui pourrait dynamiser l’économie locale et attirer de nouveaux financements. Déjà objet d’études universitaires pour ses concentrations atypiques en rutile, le site de Cap Juby suscite un regain d’intérêt à mesure que la transition énergétique mondiale dope la demande en métaux critiques.
Cette prise de position de Steadright au Maroc s’inscrit dans un contexte géopolitique où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiques devient un enjeu central. Le projet TitanBeach pourrait ainsi contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement mondiales et renforcer la capacité d’exportation du Royaume.
Parallèlement, la société canadienne poursuit le développement de son projet RAM au Québec, couvrant plus de 13 000 acres dans la région de la Côte-Nord, riche en nickel, cuivre, cobalt et métaux précieux. Cette double implantation illustre la volonté de Steadright de bâtir un portefeuille équilibré entre l’Amérique du Nord et l’Afrique, pour répondre à la demande croissante des industries vertes et des nouvelles technologies.
La signature de l’accord sur TitanBeach marque ainsi un nouveau jalon pour la junior canadienne, tout en révélant le potentiel encore largement sous-exploité des ressources minérales marocaines. Reste désormais à confirmer sur le terrain la viabilité économique et environnementale de cette nouvelle aventure extractive.
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