A l’occasion du Forum d’affaires UE-Corridors de l’Afrique de l’Ouest tenu à Abidjan du 30 mars au 1er avril 2026, Abdoulaye Alliagui, directeur de cabinet adjoint du ministère des Transports, a présenté les avancées majeures et les opportunités d’investissement du Port sec de Ferkéssédougou.
Le projet de Port sec de Ferkéssédougou (Ferké, Nord ivoirien) n’est plus une simple promesse, mais une réalité en chantier. Avec un investissement étatique dépassant les 300 milliards FCFA, ce complexe se positionne comme un levier de transformation régionale.
À ce jour, les travaux affichent un taux de réalisation de 28%, pour une mise en service prévue à l’horizon 2028, a indiqué Abdoulaye Alliagui, le directeur de cabinet adjoint du ministère des Transports, lors d‘une présentation du projet à la Team Europe.
Le projet, qui intègre une zone industrielle, devrait impacter directement 40 % du territoire et 20 % de la population ivoirienne. L’État, selon M. Alliagui, « est actuellement en train de viabiliser l’ensemble des parcelles, d’aménager le dépôt d’hydrocarbure et les espaces dédiés aux unités de production. »
Pour les investisseurs, les secteurs prioritaires sont déjà identifiés : agro-industrie, textile, énergie, conditionnement et commerce. Le port facilitera également le transit des produits miniers en connexion directe avec le Port autonome d’Abidjan, a-t-il dit.
L’accès au domaine est ouvert aux opérateurs privés via le ministère des Transports et des Affaires maritimes. Selon la viabilité du projet présenté, les intéressés pourront bénéficier de contrats de concession de longue durée ou d’une autorisation d’occupation temporaire.
Une structure de gestion étatique coordonnera l’ensemble du site, tandis qu’un opérateur spécifique sera recruté pour l’exploitation logistique., a souligné le directeur de cabinet adjoint du ministère des Transports, Abdoulaye Alliagui.
Le succès du port repose sur sa connectivité. La réhabilitation du réseau ferroviaire Abidjan-Ouagadougou, incluant des embranchements vers le port sec, est une priorité. Si un financement pour les travaux d’urgence est déjà acquis, le coût pour la section ivoirienne est estimé à 1 000 milliards FCFA.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan national de la logistique (PNL). Ce plan colossal, chiffré à 10 000 milliards FCFA (15 Mds d’euros) sur 15 ans, vise à réduire les coûts et délais de transport, désenclaver les pays de l’hinterland et moderniser les ressources humaines du secteur.
Le financement du Plan national de la logistique est réparti sur 15 ans avec trois tranches, notamment la période 2025-2030 (1 400 milliards Fcfa, 2, Mds d’euros) ; la période 2030-2035 (2 100 milliards Fcfa 3,2 Mds d’euros) et la période 2035-2040 (6 300 milliards Fcfa, 9,6 Mds d’euros).
Des infrastructures majeures viendront compléter ce maillage : la plateforme logistique de Bouaké (centre), celle d’Odienné (Nord-ouest), ainsi que le tunnel de Vridi pour l’extension du port d’Abidjan. À travers ce projet, la Côte d’Ivoire entend confirmer son rang de moteur économique de la sous-région et devenir un hub logistique régional.
AP/Sf/APA







