Les acteurs publics et experts de l’espace sahélien ont entamé, lundi à Ouagadougou, une réflexion stratégique en vue de l’élaboration d’un plan d’action commun contre la fraude, un phénomène aux ramifications économiques et sécuritaires croissantes dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Une rencontre entre experts et agents publics sahéliens, ouverte par le ministre burkinabé de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, représentant le Premier ministre, se tient du 6 au 8 avril autour du thème : « La lutte contre la fraude dans le contexte de défi sécuritaire dans l’espace AES : enjeux, résilience des systèmes et perspectives d’action ».
Initiée par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), cette rencontre internationale vise à renforcer l’efficacité des dispositifs nationaux en intégrant les dynamiques sécuritaires actuelles. Elle ambitionne notamment d’identifier les interconnexions entre fraude et insécurité, de mutualiser les expertises et de proposer une feuille de route opérationnelle à l’échelle communautaire.
Phénomène global, la fraude constitue un frein majeur au développement économique, en affaiblissant les systèmes fiscaux et douaniers et en réduisant la capacité des Etats à financer leurs politiques publiques. Dans l’espace AES, cette problématique est exacerbée par un contexte d’insécurité marqué, propice à la prolifération des circuits illicites, au blanchiment de capitaux et au financement d’activités criminelles.
Au Burkina Faso, les flux financiers illicites dans le secteur extractif sont estimés à plus de 3 000 milliards de francs CFA sur la dernière décennie, soit l’équivalent d’une année de recettes fiscales. A cela s’ajoutent la fraude sur l’or artisanal, les pratiques fiscales et douanières illicites ainsi que la montée de la cybercriminalité, générant chaque année des pertes de plusieurs centaines de milliards de francs CFA.
Face à ces enjeux, les participants entendent dépasser les approches strictement opérationnelles pour privilégier une vision stratégique et coordonnée. Le colloque réunit ainsi décideurs, experts et partenaires des pays membres de l’Alliance des États du Sahel.
Les travaux, structurés autour de cinq panels, permettront d’établir un diagnostic actualisé des menaces, de renforcer la coopération inter-agences et transfrontalière, et de formuler des recommandations concrètes en vue d’intégrer la lutte contre la fraude dans le dispositif global de réponse sécuritaire confédérale.
A l’issue des échanges, une feuille de route commune est attendue pour impulser une réponse concertée et durable à ce fléau.
HO/ac/Sf/APA






