Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a démenti les informations faisant état d’une implication du champ gazier Yakaar-Teranga dans le Protocole d’Accord conclu récemment entre l’État du Sénégal et la compagnie italienne Eni.
Dans un communiqué, le ministère affirme que les publications diffusées sur les réseaux sociaux, selon lesquelles cet accord consacrerait un prétendu « bradage » de Yakaar-Teranga, sont erronées.
Selon les autorités, le protocole porte uniquement sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore : SN01M, correspondant à Saint-Louis Offshore Shallow (SLOS), SN02M ou Cayar Offshore Shallow (COS), SN03M ou Rufisque Offshore (RO), SN07M ou Saint-Louis Offshore Profond (SLOP2), ainsi que SN40M ou Sénégal Offshore Sud Profond (SOSP).
Le ministère précise qu’aucun de ces cinq blocs ne correspond au périmètre des découvertes de Yakaar et Teranga.
Dans le nouveau découpage du domaine pétrolier national, ce périmètre est identifié sous la référence SN08M, qui ne figure pas dans la liste des zones couvertes par le protocole conclu avec Eni.
Une carte à l’origine de la controverse
Le ministère attribue notamment la confusion à l’utilisation d’une carte présentée dans certaines publications comme illustrant le périmètre concerné par l’accord.
Selon les autorités, il s’agit d’une ancienne version de travail qui ne reflète pas le découpage définitif du domaine pétrolier national. Son utilisation pour présenter les zones concernées par le protocole serait donc susceptible d’induire l’opinion publique en erreur.
Au-delà de la question du périmètre, le ministère insiste sur la nature juridique de l’accord conclu avec Eni.
Pas d’attribution de droits pétroliers
Le document signé avec la compagnie italienne ne constitue pas, selon le ministère, un contrat pétrolier et n’emporte aucune attribution de bloc.
Eni est autorisée, dans le cadre de ce protocole, à réaliser à ses propres frais des études préliminaires géologiques et géophysiques sur les cinq zones concernées.
Ces travaux ne lui confèrent ni titre d’exploration ou d’exploitation, ni droit sur les ressources présentes dans les blocs étudiés. Le protocole ne lui accorde pas davantage un droit automatique à la conclusion ultérieure d’un contrat pétrolier.
Toute éventuelle évolution du partenariat devra, précise le ministère, passer par les procédures, négociations et approbations prévues par la législation et la réglementation sénégalaises.
Le gouvernement appelle à la responsabilité
Pour les autorités sénégalaises, les accusations de « bradage de Yakaar-Teranga » procèdent ainsi d’une double confusion : le périmètre de Yakaar-Teranga n’est pas inclus dans l’accord avec Eni et le protocole ne constitue pas une attribution de droits pétroliers.
Le ministère appelle dès lors les acteurs intervenant dans le débat public à faire preuve de responsabilité dans la diffusion d’informations relatives aux ressources pétrolières et gazières du pays.
Il assure que le gouvernement poursuivra, avec PETROSEN et les institutions compétentes, ses efforts en faveur de la promotion du bassin sédimentaire sénégalais, de la relance de l’exploration et de la valorisation des ressources nationales, dans le respect du cadre légal et des intérêts stratégiques du Sénégal.
TE/APA





