Le cabinet de conseil juridique, fiscal, comptable et financier, Hili Conseil, a organisé ce jeudi 15 janvier 2026, à Abidjan, une présentation des principales dispositions de l’annexe fiscale 2026, à l’attention des acteurs du secteur privé.
Dans le cadre de sa traditionnelle séance d’explication, le Cabinet Hili Conseil a réuni les acteurs du secteur privé pour décrypter l’annexe fiscale 2026. Selon Annick Kopoin Soko, experte fiscaliste et associée au cabinet, l’orientation est claire : « optimiser les recettes budgétaires » de l’Etat.
Elle a fait observer que plus de 70 % des mesures visent l’accroissement direct des ressources fiscales. L’une des réformes majeures réside dans l’article 20, qui impose désormais le dépôt obligatoire des états financiers pour toutes les entités à but non lucratif (associations, fondations, etc.).
Cette disposition vient combler un vide juridique dans le Code général des impôts (CGI) afin de renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux. Pour les églises et mosquées, le dispositif est allégé : « Elles doivent déposer des états simplifiés mentionnant simplement leurs recettes et leurs charges », explique l’experte.
« C’est une confirmation : toute entité qui exerce une activité, lucrative ou non, doit déposer des états financiers », a précisé Mme Kopoin. Toutefois, une nuance est apportée : ces structures utiliseront un système spécifique conforme au référentiel SYSCOHADA révisé.
L’annexe fiscale 2026 marque également la suppression de l’exonération de TVA (18 %) sur les aliments pour bétail et volailles (Article 6). Une mesure qui inquiète par son impact social, puisque la hausse des coûts de production devrait être répercutée sur le prix des volailles et bétails sur le marché.
Autre innovation : l’imposition de l’e-commerce international. Les sociétés de vente en ligne situées à l’étranger seront désormais immatriculées par l’administration ivoirienne et soumises à un impôt sur les bénéfices à hauteur de 3 % de leur chiffre d’affaires réalisé en Côte d’Ivoire.
Malgré la pression fiscale, le gouvernement a introduit des mesures de soutien. Les acquéreurs ou constructeurs d’un premier logement bénéficieront d’un crédit d’impôt de 5 % sur l’impôt foncier et d’une exonération de la taxe sur la publicité foncière.
Les start-ups numériques labellisées, elles, bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les bénéfices (BIC) et de la Taxe sur les opérations bancaires, ainsi qu’une dispense de cotisation forfaitaire pendant trois ans pour encourager l’innovation.
Youhongo Koné, associé gérant du Cabinet Hili Conseil, a mis l’accent sur la réforme du foncier. Désormais, l’impôt ne se calcule plus sur la valeur locative, mais sur la valeur marchande des biens. Pour atténuer le choc de cette transition, le taux d’imposition pour les entreprises et personnes morales a été ramené de 15 % à 13 %.
Cette modernisation s’accompagne d’une digitalisation accrue avec le déploiement généralisé des factures et reçus normalisés électroniques, signe d’une administration fiscale résolument tournée vers le numérique en 2026.
AP/Sf/APA







