Les tensions entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du partage des eaux du Nil connaissent une nouvelle poussée, sur fond de projets de barrages éthiopiens, de renforcement des dispositifs militaires et de rivalités croissantes dans la Corne de l’Afrique.
Le différend entre Le Caire et Addis-Abeba s’est accentué après l’annonce par l’Éthiopie de projets portant sur trois nouveaux barrages hydroélectriques sur le Nil Bleu, selon des informations rapportées lundi.
Pour l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend très largement du Nil, ces infrastructures représentent un enjeu majeur de sécurité hydrique et alimentaire, après plus d’une décennie de désaccords autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD).
Le dossier dépasse désormais la seule question de l’eau. Le rapprochement entre l’Éthiopie et le Somaliland, auprès duquel Addis-Abeba cherche à obtenir un accès maritime, a renforcé les inquiétudes du Caire. L’Égypte a parallèlement approfondi sa coopération militaire avec la Somalie et renforcé ses relations avec plusieurs acteurs de la région, notamment l’Érythrée, faisant craindre une extension des rivalités géopolitiques dans la Corne de l’Afrique.
Sur le plan militaire, Le Caire dispose de capacités permettant théoriquement des opérations à longue distance. L’armée de l’air égyptienne aligne notamment des chasseurs Rafale équipés de missiles de croisière SCALP-EG d’une portée supérieure à 400 kilomètres, ainsi que des MiG-29M/M2 et des F-16.
La marine dispose également de deux porte-hélicoptères Mistral, de frégates FREMM, de corvettes Gowind et de sous-marins Type 209. La base de Bérénice, sur la mer Rouge, constitue un point d’appui stratégique pour d’éventuels déploiements vers le sud.
Toute attaque directe contre le barrage principal du GERD présenterait toutefois des risques considérables. Une rupture de l’ouvrage pourrait provoquer des inondations catastrophiques au Soudan et avoir des conséquences jusqu’en Égypte.
Les scénarios militaires évoqués dans le document portent plutôt sur d’éventuelles infrastructures secondaires, notamment les installations électriques et les nouveaux chantiers hydroélectriques.
L’Éthiopie a, de son côté, renforcé ses moyens de défense aérienne et ses capacités de drones, tandis que ses responsables militaires promettent de défendre les infrastructures du pays. Une confrontation entre les deux puissances risquerait d’élargir l’instabilité jusqu’à la mer Rouge et au détroit de Bab el-Mandeb, avec des répercussions potentielles sur le trafic maritime vers le canal de Suez et sur une région déjà fragilisée par plusieurs conflits.
MK/Sf/APA







