Le Mali s’est doté d’une Charte des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) afin de renforcer l’encadrement d’un secteur clé de son économie, confronté à des difficultés persistantes d’accès au financement, à l’électricité et à la formalisation.
La cérémonie de signature s’est tenue au siège du Conseil national du patronat du Mali, sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo. Elle a réuni des opérateurs économiques, des représentants des chambres consulaires, des acteurs du secteur privé ainsi que plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres chargés de la Jeunesse, de l’Élevage et de la Pêche.
Présentée comme l’aboutissement d’un processus de concertation, cette charte est appelée à servir de cadre de référence pour les MPME. Elle vise à clarifier leur identification, leur classification, leur accompagnement ainsi que leur accès aux dispositifs publics de soutien et aux financements.
Le poids économique du secteur explique l’importance de cette initiative. Selon la Banque mondiale, l’économie informelle représente environ 90 % de l’activité économique du Mali, emploie 91,5 % de la main-d’œuvre et contribue entre 40 % et 60 % au produit intérieur brut (PIB). Les petites entreprises actives dans le commerce, la transformation, l’artisanat, le transport et les services constituent l’essentiel de ce tissu économique, en particulier pour les jeunes et les femmes.
L’accès au financement demeure le principal défi. D’après l’enquête Enterprise Surveys 2024 de la Banque mondiale, le crédit et l’électricité sont les deux obstacles les plus fréquemment cités par les entreprises formelles, avec respectivement 38 % et 37 % des réponses. Pour les petites entreprises, le financement reste la première difficulté identifiée.
La signature de cette charte nationale s’inscrit dans le prolongement de la Charte communautaire des PME adoptée en 2015 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce cadre régional porte notamment sur l’accès aux marchés publics, la fiscalité, l’innovation, le financement, l’appui aux entreprises en difficulté et le rôle des structures nationales de promotion des PME.
Les modalités de mise en œuvre de la nouvelle charte restent toutefois attendues. Elles devront préciser les critères de classification des MPME, les avantages liés à leur statut, les mécanismes d’accès au financement, les mesures en faveur des femmes et des jeunes entrepreneurs, ainsi que les dispositifs de suivi associant l’État, le patronat, les chambres consulaires et les institutions financières.
Pour les petites entreprises maliennes, l’enjeu sera désormais de savoir si ce nouveau cadre permettra d’améliorer concrètement l’accès au crédit, aux marchés, à l’accompagnement technique et à la protection institutionnelle. L’efficacité de la charte dépendra de son application effective et des moyens mobilisés pour atteindre les nombreuses unités économiques encore éloignées des circuits bancaires et administratifs.
MD/te/APA







