Le Mali franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance financière, marquée par l’adoption du règlement définitif du budget 2024.
Lors du Conseil des ministres du 12 novembre 2025, présidé par le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le gouvernement malien a adopté le projet de loi portant règlement définitif du budget de l’État pour l’exercice 2024.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique globale de réformes destinées à renforcer la transparence, l’efficacité et la crédibilité des finances publiques, dans un contexte économique exigeant.
Le règlement définitif du budget permet de dresser le bilan réel des recettes et des dépenses de l’État, d’ajuster les dépassements de crédits et de ratifier les ouvertures supplémentaires décidées par décret d’avance.
Selon les chiffres présentés, les recettes prévues à 2 387,871 milliards de francs CFA ont finalement atteint 2 642,542 milliards de francs CFA, soit un taux de réalisation de 110,67 %.
Les dépenses, initialement fixées à 3 138,642 milliards de francs CFA, ont été exécutées à hauteur de 2 844,422 milliards de francs CFA, correspondant à 90,63 %. Ces résultats témoignent d’une gestion budgétaire globalement maîtrisée malgré les pressions économiques et sociales.
Parallèlement, le gouvernement malien poursuit ses efforts pour renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence. L’une des réformes phares en cours concerne la création de la Cour des Comptes, conformément aux directives de l’UEMOA.
Cette institution indépendante aura pour mission d’assurer un contrôle rigoureux de la gestion des finances publiques, de vérifier les comptes des comptables publics et d’accompagner le gouvernement ainsi que le Parlement dans le suivi de l’exécution des lois de finances et l’évaluation des programmes publics.
La construction du siège de la Cour des Comptes, dont la première pierre a été posée en décembre 2024, incarne la volonté politique du Mali de doter le pays d’une institution solide, garante de la transparence et de la bonne gouvernance.
Ce chantier s’inscrit dans un ensemble plus large de réformes budgétaires et institutionnelles visant à améliorer la gestion financière de l’État et à renforcer la lutte contre la corruption.
Certes, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre effective et l’opérationnalisation complète de la Cour des Comptes.
Cependant, la trajectoire adoptée par le gouvernement malien marque une évolution significative vers une gestion plus responsable et transparente des ressources publiques.
Une fois pleinement opérationnelle, la Cour des Comptes constituera un levier essentiel pour l’amélioration de la gouvernance financière et un gage de confiance accru auprès des bailleurs de fonds internationaux et des investisseurs étrangers.
Ces réformes témoignent de la volonté du Mali d’instaurer une culture de redevabilité et de renforcer la crédibilité de l’État dans la conduite de ses politiques économiques et financières.
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