Porté par des performances sectorielles exceptionnelles et une création nette d’emplois, le capital-investissement marocain a renforcé en 2024 son rôle stratégique dans l’économie marocaine, selon un rapport de l’AMIC et de Fidaroc Grant Thornton.
Le secteur du capital-investissement au Maroc a enregistré une dynamique exceptionnelle en 2024, avec une progression généralisée des indicateurs de performance économique, sociale et fiscale, selon la sixième étude d’impact annuelle publiée conjointement par l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) et le cabinet Fidaroc Grant Thornton.
Au total, 320 entreprises marocaines ayant bénéficié de financements en private equity depuis 2000 ont été analysées. Elles cumulent 15,7 milliards de dirhams d’investissements (environ 1,47 milliard d’euros) à fin 2024, confirmant la montée en puissance de cette classe d’actifs dans la structuration du tissu économique national.
La croissance moyenne du chiffre d’affaires des entreprises financées par le capital-investissement atteint 20,5 % en 2024, une performance nettement supérieure à la moyenne des secteurs classiques. Cette dynamique s’accompagne d’une hausse de 15 % des effectifs salariés par rapport à 2023, traduisant l’impact direct du private equity sur la création d’emplois.
Deux secteurs se distinguent particulièrement dans ce rapport : les technologies de l’information et de la communication (TIC), avec une croissance des revenus de 79 %, et la santé, en hausse de 59 %.
Le bond des TIC reflète l’émergence du Maroc comme hub régional de l’innovation et des startups, stimulé par l’essor de l’écosystème entrepreneurial, la montée en puissance des fonds d’amorçage et l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour les fintech, l’intelligence artificielle ou les plateformes numériques.
La performance du secteur de la santé s’explique quant à elle par les réformes structurelles engagées dans le cadre du chantier de généralisation de la protection sociale, qui dopent la demande de soins tout en attirant le capital patient vers les cliniques, laboratoires ou fournisseurs de services médicaux.
Le secteur des services, bien que plus modeste avec une croissance de 9 %, enregistre une hausse de 30 % des emplois, confirmant sa place de pilier dans l’économie marocaine. Ce dynamisme global se traduit également par une amélioration marquée des indicateurs financiers.
Les entreprises accompagnées ont vu leur EBITDA multiplié par 2,5 entre l’entrée et la sortie des fonds, illustrant l’effet de levier opérationnel du capital-investissement sur la performance et la gouvernance.
Sur le plan fiscal, près de 200 PME ayant partagé leurs données ont permis d’estimer à 3 milliards de dirhams (environ 317 millions d’euros) les recettes fiscales cumulées générées pendant une période moyenne de détention de six ans. Rien qu’en 2024, l’impôt payé par les entreprises soutenues a progressé de près de 250 millions de dirhams supplémentaires, confirmant que le private equity contribue aussi à l’élargissement de l’assiette fiscale nationale.
Le rapport s’appuie sur les données consolidées de 23 sociétés de gestion opérant au Maroc. Il met en lumière le rôle structurant du capital-investissement, qui va bien au-delà du financement : accompagnement stratégique, professionnalisation des équipes, modernisation des processus, amélioration de la gouvernance.
Pour l’AMIC, le capital-investissement ne se résume pas à injecter des fonds, mais agit comme un catalyseur de transformation durable, au service de la compétitivité des entreprises marocaines.
Alors que le Maroc mise sur l’industrialisation, la souveraineté économique et la croissance verte, le private equity pourrait jouer un rôle accru dans l’accompagnement des PME vers l’export, la transition énergétique, la digitalisation et la montée en gamme industrielle.
L’enjeu reste toutefois d’élargir la base des investisseurs institutionnels nationaux, d’assouplir les conditions de sortie pour renforcer la liquidité du marché, et d’approfondir l’ancrage régional du capital-investissement marocain, notamment en Afrique de l’Ouest francophone.
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