L’opposition kényane a averti qu’elle pourrait organiser des manifestations nationales dans un délai de sept jours si le gouvernement du président William Ruto ne prend pas de mesures pour endiguer la flambée des prix des carburants dans la plus grande économie d’Afrique de l’Est.
Face à la hausse des prix du carburant, l’opposition kényane menace et appelle les autorités de Nairobi à réviser en urgence l’accord intergouvernemental d’importation de carburant et à adopter des mesures d’allègement fiscal substantielles afin de répondre à la crise.
Cette mise en garde intervient après les déclarations du président Ruto, qui a justifié la hausse des prix des carburants par la situation au Moyen-Orient. Il a également affirmé que le gouvernement avait pris des mesures, notamment la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les carburants, passée de 13 % à 8 %, afin d’atténuer l’impact de la hausse des coûts énergétiques mondiaux sur les Kényans.
Dans un communiqué conjoint, l’opposition exige l’annulation de l’accord-cadre intergouvernemental sur le pétrole, la suspension des taxes sur l’entretien des routes et le logement social, la suppression de la TVA sur les carburants, ainsi que l’arrêt de la hausse des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF). Elle estime que ces prélèvements ont aggravé la crise du coût de la vie déjà alimentée par la récente hausse des prix des carburants.
« Nous exigeons sans équivoque l’annulation de l’accord-cadre pétrolier intergouvernemental, car il implique des sociétés de commercialisation de produits pétroliers triées sur le volet et représentant les intérêts du président », indique le communiqué.
L’opposition réclame également la démission immédiate et des poursuites judiciaires contre le ministre de l’Énergie, Opiyo Wandayi, et le ministre du Commerce, Lee Kinyanjui, qu’elle accuse d’être impliqués dans un « scandale des carburants ayant fait exploser les prix à la pompe ».
La coalition demande par ailleurs au président Ruto de convoquer une session parlementaire spéciale dans un délai de sept jours afin d’examiner la crise des carburants et d’envisager des mesures d’allègement fiscal en faveur des ménages.
Parmi les propositions avancées figurent la suspension de la taxe d’entretien des routes, récemment portée de 18 à 25 shillings par litre, la suspension de la taxe sur le logement abordable et l’arrêt de la hausse des cotisations à la NSSF, des mesures qu’elle juge excessivement lourdes pour les travailleurs.
Les dirigeants de l’opposition accusent enfin le gouvernement Ruto d’exploiter les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pour restructurer les accords d’importation de carburant à des fins lucratives, estimant que la crise aurait été instrumentalisée pour renégocier les prix avec les fournisseurs internationaux de pétrole.
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