Le gouvernement burkinabè a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les exportations de bétail sur toute l’étendue du territoire national.
Une mesure d’interdiction d’exporter du bétail est entrée en vigueur au Burkina Faso à quelques jours de la Tabaski, période marquée par une forte demande en animaux de consommation.
Dans un communiqué interministériel publié le 8 mai 2026, les autorités annoncent l’arrêt de la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) à tous les acteurs de la filière bétail-viande. Les opérateurs déjà détenteurs d’ASE valides disposent toutefois d’un délai d’une semaine pour achever les opérations en cours.
Selon le gouvernement, cette décision vise à renforcer l’approvisionnement des marchés locaux, stabiliser les prix des produits animaux et protéger le pouvoir d’achat des populations. Les autorités invitent également les acteurs du secteur à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin d’assurer le respect de cette mesure.
Pour garantir son application, les services de contrôle aux frontières ainsi que les forces de sécurité ont été mobilisés. Les contrevenants s’exposent à des sanctions, tandis qu’un numéro vert (80 00 11 84/85/86) a été mis en place pour signaler les cas de fraude.
Cette suspension intervient alors que le secteur connaît une forte croissance. D’après les chiffres de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), les exportations de bovins, ovins et caprins sont passées de 400 millions FCFA en 2020 à près de 11,8 milliards FCFA en 2024.
Les exportations de petits ruminants, à elles seules, ont atteint 7,8 milliards FCFA en 2024 contre seulement 190 millions FCFA quatre ans plus tôt.
Le bétail vivant constitue aujourd’hui le troisième produit d’exportation du Burkina Faso, principalement destiné à la Côte d’Ivoire, au Ghana et au Bénin. Cependant, le gouvernement souhaite désormais développer l’exportation de viande transformée plutôt que celle d’animaux vivants.
Dans cette perspective, l’Agence Faso Abattoir a été créée en avril 2025 afin de moderniser les infrastructures d’abattage et promouvoir une industrie locale de transformation de viande répondant aux normes sanitaires internationales. L’objectif affiché est de faire du Burkina Faso un exportateur de viande plutôt qu’un simple fournisseur de bétail sur pied.
Le pays dispose d’un important potentiel pastoral estimé à près de 35 millions de têtes, dont 7,6 millions de bovins, 10,6 millions de caprins et 7,1 millions d’ovins. Malgré cette richesse, la transformation locale reste encore limitée et les exportations concernent majoritairement les animaux vivants.
Les autorités espèrent que cette suspension temporaire permettra à la fois de sécuriser l’approvisionnement national durant la Tabaski et d’accélérer la restructuration de la filière bétail-viande.
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