La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et l’Africa Trading and Distribution Company (ATDC) ont conclu une facilité de crédit de 500 millions de dollars destinée à financer des opérations de commerce, de logistique et de distribution afin d’accélérer la circulation des produits africains sur les marchés du continent et de soutenir le développement des chaînes de valeur régionales.
L’accord entre Afreximbank et l’Africa Trading and Distribution Company, signé lundi au Caire pour une ligne de crédit de 500 millions de dollars, doit permettre à l’ATDC de disposer d’une capacité de financement du commerce pour développer des opérations éligibles de négoce et de distribution dans plusieurs marchés africains. Les ressources pourront notamment servir à financer l’achat et l’agrégation de produits, mais aussi les dépenses liées au transport, à la logistique, à l’entreposage et à la distribution.
Le mécanisme prévoit que les financements soient affectés à des opérations commerciales éligibles et remboursés grâce aux recettes issues de la vente des marchandises financées.
Pour Afreximbank, cette opération s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer les infrastructures commerciales nécessaires au développement du commerce intra-africain et à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« Cette facilité contribuera à approfondir les chaînes de valeur régionales et à élargir l’accès aux marchés pour les producteurs africains », a déclaré Kanayo Awani, vice-présidente exécutive chargée du Commerce intra-africain et du Développement des exportations d’Afreximbank.
Selon elle, le financement doit également favoriser l’augmentation des exportations de produits manufacturés et renforcer la compétitivité des biens africains sur les marchés internationaux.
Une plateforme pour fluidifier les échanges
L’ATDC est une plateforme panafricaine destinée à rapprocher les producteurs, transformateurs, industriels et marchés, avec l’ambition de renforcer la valorisation locale des ressources africaines.
Ses premières activités ont été lancées en Égypte avant une extension au Nigéria, au Malawi et au Zimbabwe. La plateforme entend notamment répondre aux difficultés d’accès aux marchés, aux déficits d’information commerciale et aux contraintes logistiques qui limitent encore le développement des échanges intra-africains.
Pour son directeur général, Stewart Makura, la facilité permettra à l’ATDC de renforcer ses capacités d’agrégation de l’offre et de mobiliser le fonds de roulement nécessaire à la circulation des marchandises à travers les chaînes de valeur.
L’objectif est également de contribuer à la substitution aux importations, à la création de valeur sur le continent et au développement du commerce entre pays africains.
Des corridors commerciaux à développer
Au-delà du financement de transactions individuelles, la nouvelle facilité doit permettre à l’ATDC de développer des corridors commerciaux reproductibles à plus grande échelle et de consolider des réseaux d’approvisionnement et de distribution sur différents marchés africains.
L’enjeu est notamment d’améliorer la disponibilité régionale des matières premières, des intrants et des produits à valeur ajoutée, tout en favorisant une transformation accrue des produits de base africains.
Cette initiative intervient dans un contexte de progression du commerce intra-africain. Selon les données présentées par Afreximbank dans son African Trade Report 2025, les échanges intra-africains ont atteint 220,3 milliards de dollars en 2024, en hausse de 12,4 % sur un an. Cette progression s’est accompagnée d’une diversification progressive des produits échangés, avec une présence accrue des machines, véhicules, produits alimentaires, produits chimiques et équipements électroniques.
Le financement de 500 millions de dollars vient ainsi renforcer les instruments destinés à transformer cette progression des échanges en chaînes commerciales et industrielles plus intégrées, en facilitant notamment le financement et la distribution des produits issus du continent.
TE/Sf/APA





