Sept groupes armés éthiopiens, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le mouvement Fano de l’Amhara et l’Armée de libération oromo (OLA), ont annoncé la formation d’une alliance visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et à mettre en place une administration de transition, ont rapporté lundi plusieurs sources.
Baptisée « Alliance pour la survie » ou « Ethiopian Peoples’ Forces Alliance for Survival », la nouvelle coalition des groupes armés éthiopiens réunit des mouvements issus de plusieurs régions du pays, dont certains ont été adversaires pendant la guerre du Tigré de 2020 à 2022.
Outre le mouvement Fano, le TPLF et l’OLA, l’alliance comprend le Front de libération nationale de l’Ogaden (ONLF), le Front révolutionnaire démocratique uni de l’Afar (Ugugumo), le Benishangul Peoples’ Liberation Movement et le Gumuz Peoples’ Democratic Movement.
Dans leur déclaration fondatrice, les groupes affirment vouloir coordonner leurs forces pour mettre fin au gouvernement actuel et engager une transition politique inclusive. Ils accusent le pouvoir fédéral de centraliser les décisions et de marginaliser les différentes régions du pays, tout en dénonçant les conflits, la pauvreté et l’insécurité.
La formation de cette coalition intervient dans un contexte de tensions persistantes en Oromia et dans la région de l’Amhara, ainsi que de nouvelles tensions au Tigré. La présence conjointe du TPLF et du mouvement Fano est particulièrement notable, les deux camps ayant combattu sur des fronts opposés lors de la guerre du Tigré. Fano avait alors soutenu les forces fédérales avant de se retourner contre le gouvernement après la fin du conflit.
Le gouvernement fédéral n’avait pas réagi dans l’immédiat à l’annonce de la nouvelle alliance. Des responsables éthiopiens avaient toutefois déjà rejeté, ces dernières semaines, les informations faisant état de la constitution d’une coalition armée contre le pouvoir d’Addis-Abeba.
L’Éthiopie reste confrontée à plusieurs foyers de violence armée, notamment en Oromia et en Amhara. Au Tigré, la guerre de 2020-2022 avait pris fin avec l’accord de Prétoria de novembre 2022, mais les tensions ont de nouveau augmenté ces derniers mois entre les autorités régionales et le gouvernement fédéral.
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