Des journalistes sénégalais ont participé mardi à Dakar à une session de formation sur l’analyse et l’exploitation des données statistiques, organisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et le Groupe de la Banque mondiale, dans un contexte marqué par les enjeux de fiabilité des chiffres diffusés dans l’espace public.
Intitulée « De la donnée à l’information », cette formation vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans l’interprétation et la vulgarisation des statistiques. Elle a réuni des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) et de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS).
Le directeur général de l’ANSD, Abdou Diouf, a évoqué un projet de réforme prévoyant d’élargir le dispositif du visa statistique à certaines productions susceptibles d’alimenter le débat public.
« Dans la nouvelle loi, il est proposé qu’au-delà des statistiques officielles, toute production statistique qui fait l’objet du débat public puisse recourir au visa statistique pour éviter tous les amalgames et autres », a-t-il déclaré.
Pour le directeur de division de la Banque mondiale chargé du Cabo Verde, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie et du Sénégal, Djibrilla Issa, la disponibilité de statistiques fiables et régulièrement produites constitue un levier essentiel pour éclairer la prise de décision.
Il a également souligné le rôle des médias dans la diffusion des données et l’explication des politiques publiques et des projets de développement aux populations.
Le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a estimé que la maîtrise des données répond à un besoin croissant des journalistes, confrontés à la multiplication des statistiques publiées par les institutions.
Son homologue du COJES, Dialigué Faye, a plaidé pour le renforcement des compétences en matière d’analyse et de restitution des données, notamment sur la croissance économique, le chômage et les finances publiques.
« Informer aujourd’hui, c’est savoir accéder, décrypter et restituer intelligemment la donnée », a-t-il déclaré, soulignant les difficultés rencontrées par certains professionnels dans l’exploitation des tableaux statistiques et des rapports techniques.
« Investir dans la formation des journalistes au traitement des données, c’est élever le niveau du débat public », a-t-il ajouté.
Créé en 1994, le COJES compte une centaine de membres actifs répartis à travers le Sénégal, selon son président.
SS/te/APA





