Le leader du mouvement « La Côte d’Ivoire souveraine », Ahoua Don-Mello, s’est officiellement prononcé sur le processus de mise en place du futur organe électoral ivoirien. Dans une déclaration, l’homme politique dresse un bilan critique des institutions actuelles et trace la feuille de route d’une transition définitive vers une véritable démocratie.
Pour Ahoua Don-Mello, le constat est sans appel : la gouvernance actuelle du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) a « pris en otage les institutions de la République ». Selon lui, cette centralisation du pouvoir a engendré des « exclusions administratives, économiques, sociales et, surtout, électorales ».
Dans un tel environnement, le leader politique souligne un paradoxe démocratique majeur : « On peut gagner les élections dans les urnes et perdre les résultats par le comportement partisan des institutions en charge de la gouvernance électorale ».
C’est dans ce contexte de méfiance généralisée que la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) en mai 2026, par décret présidentiel, a été unanimement saluée par l’ensemble de la classe politique.
Face aux défis techniques et politiques du futur scrutin, l’opposition ivoirienne a choisi de briser les barrières partisanes. Quittant le sectarisme, les différentes formations politiques ont décloisonné leurs débats internes pour concevoir un document unique et consensuel à présenter au gouvernement, qui a lui-même manifesté une volonté d’ouverture en initiant un dialogue.
Ahoua Don-Mello salue ainsi les premiers accords majeurs obtenus entre plusieurs forces politiques, notamment le Groupe HCE dirigé par Simone Gbagbo, la CAP-CI sous la houlette d’Affi N’Guessan, l’ADCI d’Assalé Tiémoko et le PPA-CI de Laurent Gbagbo.
Chaque entité a su apporter ses spécificités pour dégager une synthèse élaborée et solide. Ahoua Don-Mello précise que le débat se poursuit activement avec le PDCI-RDA afin de parfaire cette union. Aujourd’hui, toute l’opposition réunie réclame d’une seule voix un dialogue direct avec l’exécutif pour acter une nouvelle architecture électorale.
Pour remplacer la défunte CEI, Ahoua Don-Mello propose la création d’une Autorité électorale nationale indépendante (AENI). Ce nouvel organe reposerait sur une sélection rigoureuse et strictement professionnelle de ses membres, excluant de fait les structures politiques de sa direction.
L’AENI serait structurée autour de deux pôles majeurs : Un organe délibératif pour la transparence des choix stratégiques, et un organe technique dédié exclusivement à la gestion administrative et opérationnelle des scrutins.
Dans ce schéma novateur, l’exécutif et les partis politiques perdraient leur pouvoir décisionnel pour devenir de simples « observateurs du processus », dotés uniquement d’un droit d’interpellation. Analysant l’histoire contemporaine du pays, le leader de La Côte d’Ivoire souveraine rappelle que depuis 1990, le processus démocratique ivoirien a été marqué par une succession constante de « flux et de reflux ».
Selon lui, l’adoption d’un consensus national représente l’espoir historique de passer enfin du simple multipartisme à une démocratie réelle. Un système où la voix de chaque citoyen comptera et où le concept du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » cessera d’être un slogan pour devenir une réalité institutionnelle.
Ahoua Don-Mello espère désormais que cette nouvelle vague de changement sera portée avec force par le peuple ivoirien, qu’il désigne comme le « détenteur ultime des pouvoirs républicains », afin de rendre ce virage démocratique totalement irréversible.
AP/APA





