Le gouvernement algérien mise sur les trois méga-projets miniers Ghar Djebilet, Bab El Hadba et Oued Amizour pour transformer l’économie, mais experts pointent des incertitudes sur la gouvernance, la cadence industrielle et l’intégration locale.
L’Algérie multiplie les annonces autour de ses trois grands projets miniers, présentés comme les futurs piliers d’une diversification économique longtemps attendue. À l’approche de la réception de la ligne ferroviaire Béchar–Tindouf–Ghar Djebilet, les autorités affirment que la mise en valeur du gisement de fer — l’un des plus importants au monde avec 3,5 milliards de tonnes de réserves — marquera un tournant stratégique.
Mais si la production visée de 40 à 50 millions de tonnes alimente l’optimisme officiel, plusieurs spécialistes rappellent que la transformation locale, présentée comme moteur de souveraineté industrielle, reste encore largement à construire.
Une zone industrielle de plus de 1 000 hectares doit accueillir les premières unités de traitement dès l’an prochain, avec la participation de groupes internationaux, dont Tosyali et plusieurs consortiums chinois. Le gouvernement avance une économie potentielle de 1,5 à 2 milliards de dollars grâce à la substitution aux importations. Toutefois, des questions persistent sur le rythme réel des chantiers, la capacité de l’État à coordonner les partenaires étrangers et la faible transparence entourant les contrats conclus.
Le site de phosphate de Bab El Hadba suit le même schéma, avec une montée en puissance annoncée jusqu’à 10,5 millions de tonnes de phosphate brut. Des projets d’industries dérivées, notamment dans les engrais, sont déjà évoqués, l’exécutif espérant hisser le pays au rang de grand exportateur. Mais les autorités communiquent peu sur les coûts, les risques environnementaux ou la viabilité commerciale d’un secteur fortement concurrentiel, dominé par des acteurs installés comme le Maroc, la Chine ou les États-Unis.
Le troisième pilier, la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, doit entrer en production en début d’année. Là encore, l’État promet une intégration industrielle complète et une production annuelle de plus de 200 000 tonnes de concentrés. Les observateurs soulignent néanmoins que l’Algérie a souvent peiné à convertir ses ressources naturelles en chaînes de valeur durables, faute d’écosystèmes industriels structurés et de main-d’œuvre suffisamment spécialisée.
MK/AK/Sf/APA





