L’Éthiopie se classe au 133e rang sur 143 pays et au 31e rang sur 34 en Afrique subsaharienne dans l’édition 2026 de l’Indice de l’État de droit du World Justice Project (WJP).
Publié mercredi, l’indice 2026 de l’Etat de droit montre que les pratiques autoritaires s’enracinent de plus en plus dans le monde. L’ingérence des gouvernements, les restrictions des libertés civiques et l’affaiblissement de l’indépendance de la justice figurent parmi les principaux facteurs de ce recul.
L’Éthiopie obtient un score global de 0,36 dans cette édition. Elle se classe également au 12e rang sur 15 parmi les pays à faible revenu.
À l’échelle mondiale, 62 % des pays ont enregistré un recul de l’État de droit, selon l’indice. Le WJP décrit cette tendance comme une « récession mondiale de l’État de droit ». Bien que le nombre de pays en recul ait diminué par rapport à l’année précédente, les dégradations restent plus nombreuses que les améliorations.
Ces résultats soulèvent de nouvelles préoccupations quant à la responsabilité des institutions et au respect des libertés civiques en Éthiopie, pays d’Afrique de l’Est confronté à des faiblesses en matière de limitation des pouvoirs du gouvernement, de protection des droits fondamentaux, d’ouverture de l’action publique et d’application des réglementations.
Dans l’édition 2025, le pays occupait le 132e rang sur 143, avec un score global de 0,36, en baisse de 2,4 % par rapport à l’année précédente. Il se classait alors au 30e rang sur 34 pays d’Afrique subsaharienne, illustrant l’ampleur de ses faiblesses institutionnelles par rapport aux autres pays de la région.
Cette dégradation s’inscrit dans une tendance observée sur plusieurs éditions successives. L’Éthiopie occupait le 129e rang sur 142 pays en 2023, avec un score de 0,38, après s’être classée au 123e rang sur 140 en 2022. En 2024, elle était descendue au 130e rang sur 142, son score global ayant enregistré une nouvelle baisse de 2,4 %.
Le WJP indique que la récession mondiale de l’État de droit s’est poursuivie pour la neuvième année consécutive : 62 % des pays et territoires évalués ont connu une détérioration, contre 38 % ayant enregistré des progrès. Si la proportion de pays en recul a diminué par rapport à 2025, où elle s’élevait à 68 %, la tendance générale demeure négative.
Ces reculs successifs traduisent une dégradation à long terme plutôt qu’une fluctuation ponctuelle. Ils interviennent dans un contexte marqué par les conflits armés, les restrictions des libertés civiques et les inquiétudes concernant l’indépendance et l’efficacité des institutions publiques.
Selon les indicateurs du WJP, les faiblesses ne se limitent pas au fonctionnement des tribunaux. Elles concernent également les mécanismes de contrôle des décisions gouvernementales, l’obligation pour les institutions publiques de rendre des comptes et la capacité des citoyens à exercer leurs libertés fondamentales.
L’indicateur du WJP relatif à la limitation des pouvoirs du gouvernement évalue dans quelle mesure les détenteurs de l’autorité publique sont soumis à la loi et à des contre-pouvoirs institutionnels et non gouvernementaux. Ces mécanismes comprennent notamment le contrôle parlementaire, les limites imposées au pouvoir exécutif par la justice ainsi que le rôle d’une presse indépendante dans la reddition de comptes des autorités publiques.
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