Le consulat général des États-Unis à Casablanca prévoit de proposer, pour la première fois, des services de passeport et de notariat aux citoyens américains à la ville de Laâyoune, au Sahara marocain, dans le cadre d’une tournée consulaire programmée entre octobre et décembre 2026.
Selon le calendrier publié par la mission américaine, l’étape de Laâyoune doit se dérouler en novembre, après Marrakech et avant Ouarzazate et Oujda. Cette initiative constitue un nouveau signe de la présence américaine dans le Sahara, alors que Washington a réaffirmé son soutien à la souveraineté marocaine sur le territoire.
L’opération relève toutefois d’un dispositif consulaire itinérant, et non de l’ouverture d’une représentation diplomatique permanente à Laâyoune. Les citoyens américains concernés devront solliciter un rendez-vous auprès du service d’assistance consulaire de Casablanca, préciser la nature de leur demande et régler les frais requis avant leur déplacement.
La distinction est importante : si ces services témoignent d’une extension concrète de l’activité américaine dans la région, ils ne modifient pas, à eux seuls, le statut diplomatique de la ville ni ne remplacent le projet de consulat physique à Dakhla, annoncé mais toujours non réalisé.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara, annoncée en décembre 2020, Washington a multiplié les signaux de rapprochement avec Rabat dans les domaines diplomatique, économique et sécuritaire.
En juillet 2026, l’ambassadeur américain Duke Buchan III a notamment annoncé le soutien de l’Agence américaine pour le commerce et le développement aux études préliminaires d’un projet d’ammoniac vert à Laâyoune, dont la capacité envisagée atteindrait 560 000 tonnes par an. Des entreprises américaines ont également été mobilisées pour les études d’ingénierie, tandis que des délégations américaines se sont intéressées aux infrastructures portuaires de Dakhla et au poste-frontière d’El Guerguerat.
La dimension sécuritaire complète cette présence croissante. Des responsables militaires américains se sont rendus à Dakhla en septembre pour examiner les infrastructures maritimes et échanger avec leurs homologues marocains sur la connectivité régionale et les priorités communes de sécurité.
Ces démarches illustrent l’intérêt de Washington pour les perspectives commerciales et stratégiques du Sahara, notamment dans les domaines de l’énergie, des échanges atlantiques et de la surveillance maritime. Elles contribuent aussi à consolider la coopération avec le Maroc, partenaire historique des États-Unis.
Sur le plan diplomatique, la position américaine a été réaffirmée à plusieurs reprises en 2026. Donald Trump a renouvelé son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara et au plan d’autonomie proposé par Rabat. Le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau a, de son côté, évoqué en septembre une coopération renforcée pour le développement de la région sous souveraineté marocaine. Cette orientation conforte la diplomatie marocaine, mais elle demeure inscrite dans un différend international qui n’a pas encore trouvé de règlement définitif.
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