La rencontre, organisée par le Centre pour les civils en situation de conflit (CIVIC) et la Fondation Friedrich Ebert (FES), avec le soutien de l’analyste et consultant indépendant Arnauld Kassouin, a réuni une trentaine d’acteurs institutionnels, sécuritaires, humanitaires et communautaires pour examiner les défis liés à la protection des civils.
Les départements béninois de l’Alibori et du Borgou, la région de Dosso au Niger ainsi que les États nigérians de Kebbi, Kwara et Niger sont confrontés aux activités de groupes armés tels qu’Ansaru, Lakurawa, Mahmuda et Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, selon les conclusions de l’atelier.
Cette situation pourrait transformer la zone frontalière entre le Bénin, le Niger et le Nigéria en un nouveau foyer d’insécurité comparable à la région des trois frontières du Liptako-Gourma, à cheval sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger, si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Les participants ont relevé le manque de données fiables sur les groupes armés présents dans cette zone, une lacune qui complique l’analyse de leurs dynamiques et l’élaboration de réponses adaptées. Les recherches disponibles suggèrent notamment que Mahmuda comprend deux composantes, le groupe Mahmuda et la cellule Mahmuda Sadiku.
Les modes opératoires recensés comprennent principalement les engins explosifs improvisés, les enlèvements et les vols de biens et de bétail. Ces activités menacent la sécurité des populations vivant le long de la frontière entre le Niger et le Bénin.
L’atelier a également souligné le rôle croissant des chasseurs traditionnels, organisés sous l’autorité des chefs de village et engagés aux côtés des forces de défense et de sécurité dans le cadre de l’opération Mirador. Les participants ont toutefois insisté sur la nécessité de prévenir les abus et les représailles contre ces auxiliaires et leurs familles, susceptibles d’aggraver les tensions communautaires.
Les échanges ont par ailleurs mis en évidence la similitude entre les groupes armés et leurs modes opératoires dans les zones frontalières du Bénin et ceux observés depuis plus d’une décennie au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Selon les conclusions de la rencontre, les enseignements tirés des crises précédentes n’ont pas été suffisamment partagés ni intégrés dans les mécanismes de prévention.
Les participants ont enfin souligné que les inégalités structurelles, la marginalisation et l’accès limité aux services publics favorisent l’implantation des groupes armés dans les régions frontalières. À cet égard, l’Agence béninoise pour la gestion intégrée des zones frontalières (ABeGIEF) intervient pour s’attaquer à ces facteurs et renforcer la résilience des communautés.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet d’appui aux mécanismes de protection communautaire dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo, mis en œuvre par le CIVIC avec le soutien d’Affaires mondiales Canada. La rencontre intervient dans un contexte marqué par l’intensification des activités de groupes armés au Sahel et dans le nord-ouest du Nigéria, ainsi que par l’arrivée de réfugiés nigérians dans les départements béninois de l’Alibori et du Borgou.
AC/Sf/APA





