Les autorités maliennes et l’ambassade de Chine à Bamako recherchent des solutions pour permettre la reprise de la délivrance des visas chinois dans la capitale malienne, suspendue depuis le 14 août pour des raisons techniques, obligeant depuis le 15 septembre les demandeurs à se rendre au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Maroc.
Les ministres maliens des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ont tenu mercredi 16 septembre une séance de travail avec l’ambassadeur de Chine au Mali, Li Xiang. Des représentants des organisations professionnelles et des services chargés du commerce ont également pris part à la rencontre.
Selon le ministère malien des Affaires étrangères, les échanges ont porté sur des « solutions techniques alternatives et pragmatiques » pour faciliter l’accès aux services consulaires chinois. Aucun calendrier de reprise ni détail sur le mécanisme envisagé n’a toutefois été communiqué à l’issue de la réunion.
La section consulaire chinoise a été fermée le 14 août, l’ambassade invoquant un cas de force majeure. Dans un nouvel avis publié le 3 septembre, elle a expliqué que des travaux routiers rendaient nécessaire la reconstruction de ses locaux consulaires.
Depuis le 15 septembre, les ressortissants maliens souhaitant demander un visa chinois doivent se tourner vers les représentations diplomatiques de Dakar, Abidjan ou Rabat. La procédure commence en ligne, mais le dépôt du passeport et des autres pièces requiert la présence physique du demandeur dans le pays choisi.
Les représentations concernées n’acceptent pas les dossiers par courrier et ne renvoient pas les passeports par voie postale. Après le dépôt physique des documents, le traitement prend généralement une semaine, sans compter le délai nécessaire à l’examen préalable du dossier électronique.
Le service de légalisation des documents a, pour sa part, repris à Bamako chaque mercredi, de 15 heures à 17 heures. Cette reprise ne concerne toutefois pas la délivrance des visas.
Des conséquences pour la mobilité
La procédure provisoire entraîne des frais supplémentaires de transport et de séjour pour les commerçants, entrepreneurs, étudiants et autres voyageurs maliens. Elle peut également retarder certains déplacements professionnels vers la Chine.
La participation du ministre de l’Industrie et du Commerce et des organisations professionnelles à la rencontre traduit les préoccupations du secteur privé. La Chine constitue en effet une importante source d’approvisionnement du marché malien, notamment en équipements électroniques, machines, véhicules, produits pharmaceutiques et biens de consommation.
Selon les données de la base des Nations unies sur le commerce international, les exportations chinoises vers le Mali ont atteint environ 1,01 milliard de dollars en 2024. Les équipements électriques et électroniques représentaient 301,6 millions de dollars, devant les machines (227,5 millions) et les véhicules (197,4 millions).
Les relations entre Bamako et Pékin ont été élevées au rang de partenariat stratégique en septembre 2024, lors d’une rencontre à Pékin entre les présidents Assimi Goïta et Xi Jinping. La coopération bilatérale couvre notamment les infrastructures, les mines, l’énergie, la santé, l’agriculture et la formation.
L’ambassade de Chine avait assuré, le 9 septembre, que la suspension était exclusivement liée aux travaux de reconstruction de sa section consulaire et que les visas seraient de nouveau délivrés à Bamako après leur achèvement.
La concertation engagée entre les autorités maliennes et chinoises doit désormais permettre de déterminer si une procédure temporaire pourra être mise en place avant la réouverture complète de la section consulaire.
MD/te/APA





