Le gouvernement malien a demandé au Centre national pour la coordination du mécanisme d’alerte précoce et de réponse aux risques (CNAP) de préparer son programme d’action 2027-2029 et de renforcer la remontée des informations sur les menaces, alors que la question de ses moyens financiers reste récurrente.
Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a présidé jeudi 17 septembre à Bamako la sixième session du Conseil d’orientation et de suivi du CNAP.
Les participants ont examiné le rapport d’activités et les performances de 2025, le programme annuel de 2026 ainsi que la mise en œuvre des résolutions adoptées lors de la précédente session. Le gouvernement a également demandé l’élaboration d’un plan d’action couvrant la période 2027-2029.
Rattaché à la Primature, le CNAP recueille et analyse les informations relatives aux menaces susceptibles d’affecter la sécurité, la paix, la gouvernance et les conditions de vie des populations. Il est chargé d’alerter les autorités, de proposer des réponses et d’en suivre la mise en œuvre.
Son champ d’intervention couvre notamment les violences armées, les tensions communautaires, la criminalité, les atteintes aux droits humains, les crises sanitaires et environnementales ainsi que les dysfonctionnements institutionnels.
Le Premier ministre a demandé un diagnostic du fonctionnement du Centre afin d’en faire un outil plus efficace d’aide à la décision. Son directeur général, le colonel-major Oumar Niguizié Coulibaly, a reçu pour instruction de renforcer les plateformes thématiques et la formation des agents chargés de transmettre les informations depuis les différents services.
Des besoins financiers persistants
La question des ressources financières revient régulièrement dans les travaux du CNAP. Lors de la quatrième session, tenue en juin 2024, le rapport de performance faisait état d’un besoin de financement non couvert de 91 millions de francs CFA.
Le Centre avait alors indiqué avoir produit douze rapports mensuels et plus de treize notes d’alerte portant notamment sur la sécurité, la gouvernance, la santé, l’environnement et le respect du calendrier électoral.
En juin 2025, la cinquième session avait de nouveau recommandé une augmentation du budget, l’acquisition d’un siège propre et l’amélioration des conditions de travail du personnel.
Un an plus tard, le gouvernement demande encore un appui budgétaire pour assurer les réunions des plateformes spécialisées et renforcer la formation des points focaux chargés de la collecte et de la transmission des informations.
Créé avec l’appui de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et officiellement lancé en 2017, le dispositif évolue désormais dans un environnement régional marqué par le retrait du Mali de l’organisation.
Une coopération entre les centres malien et burkinabè avait déjà été engagée en avril 2024 afin de partager leurs méthodes d’analyse et d’améliorer l’anticipation des menaces dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La sixième session n’a toutefois pas rendu publics le montant des ressources supplémentaires demandées ni le nombre d’alertes traitées en 2025.
MD/te/APA





