Plus de six décennies après le massacre de Sharpeville, les survivants et les proches des victimes ont engagé une procédure judiciaire contre l’État sud-africain pour obtenir l’abrogation d’une loi qui les prive depuis 1961 de la possibilité de réclamer des réparations.
L’action engagée par les survivants et proches du massacre de Sharpeville est portée par Lawyers for Human Rights, en collaboration avec le cabinet britannique Leigh Day. Les plaignants demandent la suppression de la loi en vigueur depuis 1961, afin de pouvoir engager des poursuites et obtenir réparation pour les préjudices subis, a indiqué jeudi l’équipe juridique.
Adoptée un an après le massacre, la loi sur l’indemnisation avait supprimé toute possibilité pour les survivants et les avant-droits des victimes d’engager des actions civiles ou pénales contre l’État et la police.
Selon les avocats, cette disposition constitue également une atteinte au droit constitutionnel des victimes d’accéder à la justice. Ils demandent ainsi que la loi soit retirée du corpus législatif sud-africain.
Le massacre de Sharpeville, survenu le 21 mars 1960, constitue l’un des épisodes les plus sanglants et emblématiques de la lutte contre l’apartheid. La police sud-africaine avait ouvert le feu sur des milliers de manifestants qui protestaient pacifiquement contre les lois imposant les laissez-passer aux populations noires.
Le bilan officiel faisait état de 69 morts et 180 blessés. Des recherches ultérieures ont toutefois établi un bilan plus lourd, avec au moins 91 personnes tuées et plus de 238 blessées. Plusieurs victimes avaient été atteintes dans le dos alors qu’elles tentaient de fuir les tirs.
Pour les survivants et les familles des victimes, la procédure engagée vise notamment à obtenir une reconnaissance judiciaire des torts subis et à ouvrir la voie à des réparations, plusieurs décennies après les faits.
JN/fss/te/Sf/APA







