Les 82 Sénégalais retenus à El Hierro, aux Canaries, ont été libérés après l’expiration du délai légal de rétention, alors que leurs demandes d’asile suspendent pour l’instant leur éloignement.
Les 82 Sénégalais retenus sur l’île espagnole d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries, en vue d’une expulsion collective dans le cadre du Pacte européen sur la migration, ont été libérés, a indiqué vendredi la plateforme Sur les pas du migrant sur Facebook.
« Les 82 Sénégalais retenus à El Hierro pour la première expulsion collective au titre du Pacte européen sont libres », a annoncé la plateforme, précisant que le délai légal de rétention de 60 jours avait expiré sans que leur renvoi puisse être exécuté.
Entre-temps, les intéressés ont demandé l’asile, ce qui empêche toute nouvelle tentative de rapatriement tant que leurs dossiers ne sont pas examinés et tranchés.
La plateforme souligne toutefois que « la liberté n’est pas la régularité », les 82 Sénégalais demeurant en situation irrégulière en Espagne et pouvant faire l’objet d’une mesure d’éloignement selon l’issue de leurs procédures.
Pour Sur les traces du migrant, cette affaire constitue un « test grandeur nature » pour le Pacte européen sur la migration, entré en vigueur en juin, confronté aux contraintes liées aux délais de rétention, aux moyens diplomatiques et au respect du droit individuel à l’asile.
La plateforme relève également les disparités entre pays africains en matière de migration légale, estimant que le Maroc bénéficie de milliers de contrats dans ce domaine, contre une « fraction » pour le Sénégal.
« Bloquer les départs ne les arrête pas — les candidats à l’exil rallongent simplement la route, via la Gambie ou la Guinée. Et plus la route est longue, plus les drames s’enchaînent », souligne-t-elle.
Le dossier d’El Hierro illustre ainsi les difficultés persistantes de l’Union européenne à concilier contrôle des flux migratoires, procédures d’asile et développement de voies légales de migration.
AC/Sf/APA





