L’ancien Contrôleur général de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Djougourou, a publiquement contesté les conditions de son remplacement à la tête de l’institution, mettant directement en cause le président tchadien et dénonçant de présumés détournements dans le secteur pétrolier.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, l’ancien Contrôleur général de l’AILC, Ousmane Djougourou, qui est également un cousin du chef de l’État, affirme que son départ de l’institution de lutte contre la corruption « n’est nullement une surprise », précisant avoir lui-même sollicité sa décharge après une opération de contrôle menée par l’AILC à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT).
Selon l’ancien responsable, cette mission aurait été interrompue après l’intervention de « gangs armés », rendant, à ses yeux, impossible la poursuite du travail de l’institution anticorruption.
Soupçons de détournements à la SHT
Ousmane Djougourou affirme que les investigations effectuées au sein de la SHT auraient révélé des présomptions de détournements de grande ampleur dans la gestion et la commercialisation du pétrole tchadien.
Il évoque notamment des écarts importants entre les prix de vente du brut tchadien et les cours de référence internationaux. L’ancien contrôleur général assure disposer de documents susceptibles, selon lui, d’étayer ses accusations et affirme qu’ils pourraient être rendus publics « le moment venu ».
Ces allégations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation indépendante ni de réaction officielle des autorités tchadiennes ou de la SHT.
Accusation directe contre le chef de l’État
Dans sa déclaration, l’ancien responsable de l’AILC va plus loin en affirmant que l’ordre d’arrestation visant des membres de son équipe aurait été donné directement par le président de la République.
Il estime qu’un tel acte constituerait une violation des lois de la République et invite à examiner sa qualification juridique, évoquant notamment l’hypothèse d’une « haute trahison » pouvant, selon son interprétation, ouvrir la voie à une procédure de destitution du chef de l’État.
M. Djougourou affirme par ailleurs être confronté à de graves menaces contre son intégrité physique depuis les événements liés à l’enquête. Il dénonce une « mal gouvernance » qu’il situe « au plus haut sommet de l’État » et appelle les Tchadiens à « tirer toutes les leçons » de la situation et à « prendre pleinement leur destin en main ».
Cette sortie intervient dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence dans la gestion des ressources publiques et de fonctionnement des institutions demeurent sensibles au Tchad.
La prise de position de l’ancien patron de l’AILC revêt une portée politique particulière en raison de ses liens familiaux avec le président de la République. Les suites judiciaires et politiques de ces accusations restent toutefois incertaines, aucune réaction officielle de la présidence n’ayant été enregistrée à ce stade.
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