L’Algérie multiplie les accords énergétiques avec le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Bénin, mais l’essentiel de cette offensive africaine demeure au stade des consultations, des mémorandums ou des projets sans calendrier détaillé.
Le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a présidé une réunion de la commission de coordination sectorielle consacrée au suivi des partenariats engagés avec trois pays africains -le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Bénin–, selon un communiqué ministériel.
En présence de responsables du ministère et du groupe public Sonelgaz, il a demandé un suivi « précis et régulier » des dossiers et la concrétisation des engagements convenus. Aucune évaluation financière ni échéance d’exécution n’a cependant été communiquée.
Le partenariat avec le Tchad apparaît comme le volet le plus avancé. Alger et N’Djaména ont signé en avril près de 30 accords couvrant notamment l’énergie, les infrastructures, l’industrie, la formation, la santé et le commerce.
L’Algérie a également fait don d’une centrale électrique de 40 mégawatts, dont la première pierre a été posée en juin dans la zone industrielle de Farcha. Le projet représente un geste politique important, mais sa portée dépendra de son achèvement, de son raccordement au réseau et des moyens prévus pour assurer durablement son exploitation et sa maintenance.
En Côte d’Ivoire, un accord intergouvernemental conclu fin juin doit encadrer la coopération dans l’énergie et les renouvelables. Sonelgaz International envisage la construction de centrales électriques d’une capacité totale comprise entre 700 et 1 000 mégawatts. Le projet reste néanmoins présenté comme « potentiel » : aucun site, montage financier, coût, partenaire local ou calendrier de réalisation n’a encore été annoncé. L’écart demeure donc important entre l’ambition affichée et l’ouverture effective des chantiers.
Avec le Bénin, la coopération repose toujours largement sur un mémorandum signé en 2024 entre Sonelgaz et la Communauté électrique du Bénin. Le texte prévoit des actions de formation, de transfert d’expertise et de coopération sur la chaîne de valeur électrique. Les discussions de juillet ont réaffirmé la disponibilité d’Alger à fournir un accompagnement technique, sans faire état d’un nouveau projet d’infrastructure ni d’un engagement financier précis.
Présentée comme un renforcement du « rayonnement » algérien en Afrique, cette diplomatie énergétique reste ainsi dominée par les déclarations d’intention. Le nombre d’accords signés ne constitue pas, à lui seul, un indicateur de réussite.
La crédibilité de cette stratégie se mesurera au lancement réel des travaux, à la transparence des financements, au respect des délais et à la capacité des installations livrées à répondre durablement aux besoins des pays partenaires.
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