Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme exhorte Abuja et N’Djaména à faire la lumière sur des bombardements ayant causé de lourdes pertes civiles dans des zones affectées par l’insurrection djihadiste.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a demandé mercredi l’ouverture d’enquêtes « indépendantes et impartiales » après des frappes aériennes attribuées aux armées nigériane et tchadienne ayant fait des dizaines de morts civils dans le nord-est du Nigeria.
Dans un communiqué, Volker Türk a jugé « crucial » que les autorités nigérianes et tchadiennes mènent des investigations « rapides, approfondies » afin d’établir les responsabilités et de traduire en justice les auteurs d’éventuelles violations du droit international.
Le chef des droits de l’homme de l’Onu s’est notamment dit « consterné » par des informations faisant état d’un bombardement mené dimanche 10 mai contre un marché dans l’État de Zamfara, qui aurait causé la mort d’au moins 100 civils et blessé de nombreuses autres personnes.
Il s’est également déclaré « alarmé et attristé » par des frappes conduites depuis vendredi par l’armée tchadienne contre des positions de Boko Haram sur des îles isolées du lac Tchad, au nord-est du Nigéria, où un nombre élevé de victimes civiles aurait aussi été enregistré.
Depuis 2009, le bassin du lac Tchad – partagé entre le Nigéria, le Cameroon, le Niger et le Chad – est devenu un foyer majeur de l’insurrection djihadiste, abritant des combattants de Boko Haram et de l’ISWAP, la branche ouest-africaine du groupe État islamique.
« Les civils et leurs biens ne doivent jamais être la cible d’attaques », a insisté M. Türk, appelant les forces engagées contre les groupes armés à respecter strictement le droit international humanitaire et les droits humains.
Le conflit qui secoue depuis plus d’une décennie les États nigérians de Borno, Adamawa et Yobe continue par ailleurs de provoquer une grave crise humanitaire, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef).
L’agence onusienne indique que plus de 2,3 millions de personnes déplacées internes et 2,2 millions de rapatriés vivent dans ces régions confrontées à une insécurité persistante et à des services de base largement défaillants.
Au total, plus de 5,9 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente dans ces trois États, tandis que 8,4 millions de personnes, dont cinq millions d’enfants, nécessitent une assistance dans l’ensemble du nord-est, du nord-ouest et du centre-nord du Nigéria.
L’Unicef avertit également qu’environ trois millions d’enfants nigérians auront besoin cette année d’un traitement vital contre la malnutrition aiguë sévère, malgré les progrès enregistrés récemment dans la lutte contre l’émaciation infantile.
ARD/Sf/APA







