Réunis à Dakar, les acteurs de la pêche artisanale ouest-africaine ont adopté une feuille de route visant à renforcer la gouvernance, la surveillance et la durabilité des ressources halieutiques, via la création du GT- PA.
La Commission sous-régionale des Pêches (CSRP) a officiellement institué un Groupe technique de travail sur la pêche artisanale (GT-PA), présenté comme un nouveau mécanisme régional de coordination et d’appui technique destiné à renforcer la gouvernance du secteur dans l’espace sous-régional.
Cette décision a été prise à l’issue d’un atelier régional organisé du 5 au 7 mai à Dakar dans le cadre du projet AGIR-INN (contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée) , financé par l’Union européenne (UE) à travers le Programme océan durable de l’Afrique de l’Ouest (WASOP), selon le communiqué final parvenu à APA.
Les participants – représentants des États membres, organisations professionnelles, chercheurs et partenaires techniques – ont insisté sur le rôle central de la pêche artisanale dans la sécurité alimentaire, l’emploi et la résilience économique en Afrique de l’Ouest, tout en alertant sur les pressions croissantes qui menacent le secteur.
Parmi les principaux défis identifiés figurent la surexploitation des ressources halieutiques, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), les conflits d’usage, les migrations transfrontalières des pêcheurs, le déficit de données fiables ainsi que les impacts du changement climatique.
L’atelier a permis l’adoption des termes de référence du GT-PA, la validation d’une feuille de route opérationnelle et la définition des bases d’un plan d’action régional.
Les participants ont également plaidé pour « un changement de paradigme », appelant à passer d’une logique de contrôle à une approche de partenariat et de cogestion impliquant pleinement les communautés de pêcheurs dans les processus décisionnels.
« Rien ne doit être décidé pour la pêche artisanale sans les acteurs de la pêche artisanale », souligne le communiqué parmi les messages clés retenus.
La feuille de route adoptée pour les six prochains mois prévoit notamment la désignation de points focaux nationaux et régionaux, la mise en place d’une plateforme collaborative, la réalisation d’un diagnostic régional du secteur ainsi que le lancement de projets pilotes sur la surveillance participative et la sécurité en mer.
Les participants ont aussi recommandé une harmonisation des cadres juridiques nationaux, notamment concernant la délimitation des zones de pêche artisanale et les conditions d’accès aux ressources, dans un contexte marqué par la mobilité croissante des pêcheurs entre États.
Le renforcement des systèmes de suivi, contrôle et surveillance, l’amélioration de la collecte des données scientifiques et socioéconomiques ainsi que la valorisation des chaînes de valeur, en particulier pour les femmes, figurent également parmi les priorités retenues.
Les acteurs ont enfin insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les enjeux climatiques et environnementaux dans les politiques halieutiques, tout en renforçant la lutte contre les pollutions marines et la protection des écosystèmes côtiers.
À l’issue des travaux, les participants se sont engagés à soutenir activement la mise en œuvre du GT-PA et à mobiliser les ressources nécessaires afin de traduire rapidement les engagements en résultats concrets pour une gouvernance régionale « inclusive et durable » de la pêche artisanale.
ARD/Sf/APA






