L’armée algérienne met en avant une adaptation aux menaces, notamment dans la protection des infrastructures, sans données publiques sur les risques ni les moyens engagés.
Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chanegriha, a présidé à Alger un séminaire consacré à la protection des installations vitales, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale. Cette rencontre, organisée au Cercle national de l’Armée, a réuni responsables institutionnels, hauts gradés et experts autour des enjeux de sécurisation des infrastructures stratégiques dans un environnement présenté comme marqué par de nouvelles menaces.
Lors de son intervention, le chef d’état-major a élargi la définition de ces installations, affirmant qu’elles constituent désormais «de véritables artères de vie» pour l’État, au-delà de leur dimension économique. Il a insisté sur leur rôle dans la stabilité nationale et dans le fonctionnement global des services essentiels, ce qui justifie leur intégration au cœur du dispositif de défense. Cette approche traduit une lecture extensive de la sécurité nationale, englobant des infrastructures civiles et économiques.
Dans cette logique, l’ANP met en avant une stratégie fondée sur l’anticipation et la prévention, incluant la mise à jour des plans d’intervention et le renforcement de la coordination entre acteurs. Les autorités évoquent un spectre de menaces allant du terrorisme aux cyberattaques, en passant par les sabotages et les formes dites hybrides. Toutefois, aucune donnée chiffrée n’a été communiquée concernant les incidents recensés, les niveaux de risque ou les ressources mobilisées pour sécuriser ces installations.
Ce positionnement intervient dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires, notamment au Sahel, sans que des liens explicites ne soient établis entre ces dynamiques et les mesures présentées. Les travaux du séminaire ont également porté sur les mécanismes de coordination, le rôle des technologies et la formation des équipes d’intervention, mais sans publication d’indicateurs permettant d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants.
L’accent mis sur la centralité de l’armée dans la protection des infrastructures souligne un élargissement de son champ d’intervention. En l’absence de transparence sur les moyens déployés ou les résultats obtenus, cette orientation interroge sur l’équilibre entre impératif sécuritaire et gouvernance sectorielle des infrastructures civiles.
MK/AK/Sf/APA







