L’armée malienne affirme avoir neutralisé plusieurs combattants lors de deux frappes aériennes menées dans l’Ouest du pays, dans le cadre du renforcement de ses opérations contre les groupes armés actifs autour des zones forestières et des axes stratégiques menant à Bamako.
Les Forces armées maliennes (FAMa) ont indiqué poursuivre leurs missions de reconnaissance, de recherche et de neutralisation contre les groupes armés terroristes dans les régions de Nara et du Wagadou.
Dans un communiqué relayé mercredi, l’état-major général des armées a précisé qu’une mission de reconnaissance aérienne avait permis de localiser, le lundi 22 juin, une base présumée terroriste dans la localité de Guinguin-Guiré, dans la région de Nara.
Selon la même source, les observations effectuées sur place ont permis d’identifier deux points d’intérêt distincts. Le premier était occupé par quatre individus, tandis que le second abritait une tente.
L’état-major affirme qu’une frappe a été menée contre le groupe localisé au premier emplacement et que les personnes présentes ont été neutralisées, selon les premières constatations. Une mission de reconnaissance était toujours en cours afin de confirmer les résultats de l’opération et d’évaluer la situation dans l’ensemble de la zone.
Dans une autre communication, l’armée malienne a fait état d’une mission de reconnaissance offensive conduite dans la nuit du 22 au 23 juin dans la forêt du Wagadou, à proximité de Guiré, dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko ».
Selon l’état-major, des mouvements suspects de véhicules auraient conduit les vecteurs aériens engagés vers un refuge présumé terroriste. L’armée affirme avoir détruit ce refuge et neutralisé plusieurs combattants.
Ces annonces interviennent alors que les autorités maliennes cherchent à renforcer leur contrôle sur plusieurs espaces forestiers considérés comme des zones de repli pour les groupes armés. Début juin, le gouvernement a annoncé la création de zones d’intérêt militaire dans plusieurs forêts classées, réserves naturelles et espaces protégés, avec un accès interdit aux civils sans autorisation.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko », instituée par décret présidentiel en avril 2025 pour appuyer le rétablissement de l’État dans ses fonctions régaliennes sur l’ensemble du territoire. Le dispositif prévoit des restrictions de circulation, des limitations d’accès à certaines zones ainsi que des opérations de bouclage et de fouille.
Située dans une zone stratégique entre l’ouest et le centre du pays, la forêt du Wagadou est régulièrement mentionnée dans les opérations militaires. Les autorités la présentent comme un espace susceptible d’abriter des groupes armés, des bases logistiques ou des éléments impliqués dans des attaques contre les forces de défense et les axes de circulation.
Depuis les attaques coordonnées du 25 avril contre plusieurs localités, dont Bamako, Kati, Gao, Mopti, Sévaré et Kidal, l’armée affirme avoir intensifié ses opérations terrestres et aériennes. Ces attaques, attribuées à des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda ainsi qu’à des combattants séparatistes du nord, ont marqué une nouvelle phase de pression sur l’appareil sécuritaire malien.
Les axes menant à Bamako demeurent au centre des préoccupations sécuritaires. Ces derniers mois, des groupes armés ont cherché à perturber les routes d’approvisionnement de la capitale par des attaques contre des convois, l’installation de barrages ponctuels et des opérations de harcèlement dans les zones rurales.
Pour limiter la mobilité des assaillants, les autorités ont également interdit la vente et l’usage des motos de forte cylindrée en dehors des grandes agglomérations. Très utilisées dans les zones rurales du Sahel, ces motos servent aussi aux groupes armés pour mener des attaques rapides avant de se replier.
L’armée malienne affirme poursuivre ses opérations coordonnées sur l’ensemble du territoire et appelle les populations à maintenir leur vigilance. Les prochaines semaines devraient permettre d’évaluer l’impact de ce renforcement du dispositif militaire dans les zones forestières de l’ouest, où la sécurité des routes, des villages et des corridors d’approvisionnement demeure un enjeu majeur.
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