La Banque mondiale a revu à la baisse ses projections de croissance économique pour le Nigéria en 2026, évoquant un environnement géopolitique tendu et une forte volatilité des prix de l’énergie susceptibles de freiner l’activité.
Dans sa mise à jour d’avril 2026 des Perspectives économiques, la Banque mondiale prévoit désormais, au Nigéria, une croissance de 4,1 % en 2026 et de 4,2 % en 2027, contre 4,4 % initialement anticipés pour chacune de ces deux années.
Selon un analyste financier de Meristem Securities Limited, cette révision s’explique par « une combinaison de facteurs, notamment l’incertitude persistante de l’économie mondiale, amplifiée par le conflit au Moyen-Orient ».
Les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran ont provoqué un choc pétrolier en début d’année. Bien qu’une brève accalmie ait entraîné une baisse soudaine des prix du brut, la hausse initiale continue d’impacter l’économie nigériane, notamment à travers l’augmentation des coûts de transport et de logistique.
Cette situation a contribué à une hausse des prix des carburants et des matières premières à l’échelle mondiale, alimentant des pressions inflationnistes au Nigéria. Celles-ci risquent de peser sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises.
Au-delà des facteurs externes, la Banque mondiale met également en avant des contraintes internes persistantes. La faiblesse des investissements, les incertitudes politiques et les performances inégales de secteurs clés comme l’agriculture et le pétrole continuent de freiner une reprise plus robuste.
Malgré ce contexte, certains indicateurs témoignent d’une résilience de l’économie. L’indice des directeurs d’achat (PMI) de la Banque centrale du Nigéria reste au-dessus du seuil de 50 points, signalant une expansion du secteur privé.
Sur les marchés financiers, les réactions sont mitigées : le marché obligataire est sous pression, tandis que les bons du Trésor et les euro-obligations montrent une certaine stabilité, avec des rendements modérés.
Le gouvernement fédéral poursuit ses efforts pour accroître la production pétrolière, tandis que les autorités cherchent à contenir l’impact de l’inflation mondiale, notamment après la hausse récente de l’inflation aux États-Unis à 3,3 %, un plus haut en deux ans.
Bien que la révision à la baisse des perspectives puisse peser sur les attentes en matière de bénéfices et d’investissements étrangers, des facteurs macroéconomiques relativement favorables — tels qu’un taux de change stable, une légère baisse des taux d’intérêt et une amélioration des notations — devraient soutenir l’activité et maintenir un climat d’investissement globalement positif.
Les données récentes confirment cette tendance : depuis le début de 2026, l’économie nigériane reste en expansion, avec des PMI supérieurs à 50 points. Toutefois, un ralentissement a été observé en mars, avec un PMI à 53,2 contre 56,4 en février, en raison de l’intensification des tensions entre Washington et Téhéran.
À court et moyen terme, les perspectives demeurent relativement solides. Les efforts du gouvernement pour dynamiser des secteurs stratégiques comme le pétrole et l’agriculture, combinés à un environnement monétaire et de change stable, devraient continuer à soutenir la croissance.
GIK/fss/te/Sf/APA






