Un rapport d’analystes américains souligne la montée de l’attention de Washington envers l’Algérie, dont la posture militaire, diplomatique et sahélienne suscite de plus en plus d’interrogations dans les cercles sécuritaires occidentaux.
Longtemps reléguée au second plan dans les priorités stratégiques américaines, l’Algérie fait l’objet d’une attention accrue dans plusieurs centres d’analyse de sécurité à Washington. Selon des rapports récents, l’évolution des crises internationales — guerre en Ukraine, instabilité du Sahel et recompositions au Moyen-Orient — pousse les stratèges américains à observer de plus près le rôle de ce régime militaire en Afrique du Nord.
Avec ses 2,4 millions de kilomètres carrés, l’Algérie est le plus vaste pays d’Afrique et occupe une position géographique charnière entre la Méditerranée et le Sahel. Cette centralité territoriale la place au contact direct de plusieurs foyers d’instabilité majeurs, notamment la Libye, le Mali et le Niger. Pour plusieurs analystes occidentaux, cette configuration confère à Alger une influence potentielle sur l’équilibre sécuritaire de toute la région.
Les observateurs soulignent également la montée en puissance militaire du pays. Dotée de l’un des budgets de défense les plus élevés du continent et s’équipant principalement auprès de la Russie, l’Algérie a renforcé ces dernières années ses capacités aériennes, terrestres et navales.
Pour certains services de renseignement occidentaux, cette modernisation dépasse la seule logique défensive et pourrait peser sur les équilibres stratégiques au Maghreb et au Sahel.
Sur le plan diplomatique, la posture d’Alger alimente également les interrogations. Le pays maintient des relations étroites avec plusieurs puissances situées en dehors du bloc occidental, notamment la Russie et l’Iran, tout en conservant des partenariats économiques avec l’Europe.
Cette orientation contraste avec les recompositions régionales observées depuis les accords d’Abraham, et complique son intégration dans l’architecture sécuritaire que Washington cherche à consolider dans la région.
Le dossier du Front Polisario constitue par ailleurs un point de friction important. Soutenu par Alger et installé depuis des décennies dans les camps de Tindouf, le mouvement séparatiste s’oppose au Maroc, partenaire stratégique des États-Unis. Depuis la reconnaissance par Washington en 2020 de la souveraineté marocaine sur le Sahara, ce dossier est devenu une patate chaude pour Alger.
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