Le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) déploie quatre fonds de capital-investissement totalisant 85 milliards FCFA, et signe douze conventions avec des PME sénégalaises afin d’accélérer la transformation économique du pays.
Le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (Fonsis) intensifie son action pour mobiliser massivement les capitaux privés au service de la souveraineté économique du pays, dans le cadre de la Vision Sénégal 2050.
Son directeur général, Babacar Gningue, a dévoilé vendredi à Dakar un ambitieux programme d’investissements, lors d’une rencontre avec le Collectif des journalistes économiques (Cojes).
Le Fonsis a mis en place quatre fonds d’investissement totalisant 85 milliards FCFA, dédiés exclusivement aux entreprises sénégalaises. Cette enveloppe devrait doubler au cours des cinq prochaines années.
« C’est une troisième voie pour accéder au financement. Contrairement à la dette bancaire, le capital-investissement ne requiert ni garantie, ni taux d’intérêt, ni tableau d’amortissement. L’investisseur prend des participations et partage les risques et les bénéfices avec l’entreprise », a expliqué Babacar Gningue.
Tous les projets présentés sont réalisés en partenariat avec le secteur privé, aucun n’étant financé à 100 % par de la dette publique. Le Fonsis affirme ainsi imposer systématiquement un contenu local à travers le transfert de compétences, des quotas de Sénégalais dans les projets et des clauses de relève par des acteurs locaux.
Le portefeuille de projets du Fonds promet de créer entre 5 000 et 10 000 emplois directs et de transformer profondément le paysage économique national. Parmi les réalisations attendues figurent l’accès à l’eau potable pour 4 millions de Sénégalais d’ici 2030 et 11 millions à l’horizon 2050, l’irrigation de 10 000 à 15 000 hectares de terres, ainsi que l’accès à la propriété pour 20 000 ménages à travers la location-vente.
Le secteur de la santé n’est pas en reste, avec 2 500 lits déjà livrés, 10 000 en cours de livraison et cinq projets d’hôpitaux de 300 lits chacun en cours de structuration.
Le Fonds souverain d’investissements stratégiques ambitionne également de multiplier par dix la production nationale de poissons d’élevage et de contribuer à l’autosuffisance en maïs, avec une production annuelle de 15 000 tonnes.
L’événement a été marqué par la signature de douze conventions d’investissement entre les fonds du Fonsis et des PME sénégalaises. Le WE! Fund a conclu des accords avec cinq entreprises, tandis que le Fonds islamique de relance a signé avec sept PME, pour un montant global de 2,1 milliards FCFA. Ces financements couvrent les secteurs de la santé, du BTP, de l’agroalimentaire et du textile.
Parmi les initiatives stratégiques figure le comptoir national d’or, développé avec la Société des mines du Sénégal (Somisen SA). Elle vise à mieux organiser l’orpaillage, à sécuriser l’approvisionnement national et à créer une filière locale de raffinage, tout en réduisant l’impact environnemental de l’exploitation artisanale.
Pour accélérer le développement des fonds d’investissement, le Fonsis plaide pour des réformes fiscales, notamment l’instauration de la transparence fiscale afin d’éviter la double taxation. Des discussions sont en cours avec l’État pour adapter le cadre légal et réglementaire, en particulier sur la location-vente, qui souffre actuellement d’une double imposition.
« Le grand défi, c’est d’attirer massivement des capitaux privés au Sénégal », a souligné Babacar Gningue, appelant à un changement de paradigme dans lequel l’État crée les conditions d’attractivité tandis que le secteur privé finance les projets de transformation économique.
Cette première édition du « Rendez-vous du capital investissement » inaugure un cadre d’échange direct et permanent entre le Fonsis et le Cojes. Cette initiative vise à faire connaître les opportunités économiques aux entreprises sénégalaises, à vulgariser les instruments de financement innovants comme le capital-investissement et à remettre les questions économiques au centre du débat national.
« Nous avons besoin de ce pont pour accompagner la politique économique du Sénégal et atteindre sa souveraineté économique », a conclu le DG du Fonsis.
ARD/ac/Sf/APA





