Les élections de la Chambre des représentants se sont achevées après l’un des processus électoraux les plus longs et les plus contestés de l’histoire récente de l’Égypte. L’Autorité nationale des élections (ANE) a annoncé, samedi, les résultats du second tour organisé dans 27 circonscriptions dont le premier tour avait été annulé par décision de justice. Cette phase finale a confirmé l’élection de 49 députés, complétant ainsi la composition du Parlement, qui compte 568 membres élus.
La Chambre des représentants est composée de 596 membres, dont 28 députés, soit 5 %, sont nommés par le président de la République. Les 568 élus se répartissent équitablement entre le système de la liste fermée absolue et le scrutin individuel, avec 284 sièges attribués selon chacun des deux modes. Selon l’ANE, sur 69 millions 891 913 électeurs inscrits, 22 millions 657 211 ont participé au vote, correspondant à un taux de participation de 32,41 %, supérieur à celui des législatives de 2020, qui s’établissait à 29,5 %. Les suffrages valides ont atteint 21 millions 150 656 voix, contre 1 millions 506 555 bulletins déclarés nuls.
Le scrutin, entamé en novembre et étalé sur près de deux mois, a été marqué par des accusations de fraudes et d’achats de voix, ainsi que par des violences électorales. Ces irrégularités ont conduit à l’annulation des résultats dans 49 circonscriptions sur 70 lors de la première phase, soit 68 % des cas, dont 19 par décision de l’ANE et 30 par des arrêts définitifs de la Haute Cour administrative. Les opérations de vote ont ainsi été répétées dans une dizaine de gouvernorats, prolongeant le calendrier électoral au-delà des délais initiaux.
Parallèlement, le Journal officiel a publié, le 8 janvier, la décision n°11 de 2026 du président Abdel Fattah Al-Sissi relative à la dissolution de la sixième session ordinaire de la deuxième législature, marquant la fin du mandat du Parlement élu fin 2020, arrivé à échéance en janvier 2026.
Les résultats définitifs traduisent néanmoins une diversité plus marquée au sein du nouvel hémicycle. Les partis pro-gouvernementaux – Avenir d’une nation, Les Protecteurs de la patrie et le Front national – ont remporté environ 410 sièges, soit 72 % du total. Les partis d’opposition et les candidats indépendants totalisent 158 sièges, représentant 28 % de la Chambre, selon les données de l’Organisme général de l’information.
Le Parlement regroupe désormais 15 partis politiques, dont huit relevant de l’opposition, ainsi que 105 députés indépendants, soit plus de 18 % des élus, un niveau inédit par rapport à la législature précédente.
Cette configuration ouvre une nouvelle phase pour le contrôle de l’action gouvernementale. Plusieurs recours contestant la validité de mandats restent pendants devant la Cour de cassation, tandis que des observateurs estiment que la montée en puissance des indépendants et de l’opposition pourrait renforcer l’usage des mécanismes de contrôle parlementaire.
La troisième législature débute ainsi sous le signe d’un équilibre plus nuancé, dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance et de représentativité demeurent élevées.
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