Le 8 juillet 1966, le Burundi connaît un changement majeur à la tête de l’État avec la prise de pouvoir du prince héritier Charles Ndizeye, qui destitue son père, le roi Mwambutsa IV, alors en exil. Cet épisode ouvre une période de transition qui aboutira quelques mois plus tard à l’abolition de la monarchie et à la proclamation de la République.
Depuis octobre 1965, le roi Mwambutsa IV vit en exil après une tentative de coup d’État menée par des officiers hutus contre son régime. Le souverain avait alors confié temporairement le pouvoir à son fils, le prince Charles Ndizeye, avant de suspendre cette délégation et de s’installer à l’étranger.
Le 8 juillet 1966, avec le soutien d’une partie de l’armée, le prince Charles Ndizeye prend le contrôle du gouvernement à Bujumbura. Il destitue le Premier ministre Léopold Biha et suspend certaines institutions issues de la Constitution adoptée après l’indépendance du Burundi en 1962. Il devient le chef de l’État de facto avant d’être officiellement proclamé roi sous le nom de Ntare V le 1er septembre 1966.
Âgé de 19 ans, Ntare V devient le dernier monarque du Burundi. Il nomme le capitaine Michel Micombero au poste de Premier ministre. Officier issu de l’armée burundaise, Micombero joue alors un rôle central dans la vie politique du pays, qui traverse une période de fortes tensions après les violences intercommunautaires de 1965.
La relation entre le jeune roi et son Premier ministre se dégrade rapidement. Le 28 novembre 1966, Michel Micombero renverse Ntare V lors d’un coup d’État militaire, abolit la monarchie et proclame la République du Burundi. Il devient le premier président du pays et instaure un régime militaire dominé par l’Union pour le progrès national (UPRONA).
Le 8 juillet 1966 constitue ainsi une étape clé dans l’histoire politique burundaise : il marque le retour du pouvoir monarchique entre les mains du jeune héritier après l’exil du roi Mwambutsa IV, mais il précède de quelques mois la disparition définitive d’une institution qui avait dirigé le pays jusqu’à son indépendance en 1962.
Sf/APA







