Le gouvernement sénégalais a annoncé, mardi, une série de mesures destinées à accélérer l’écoulement du riz local, quelques jours après la manifestation des producteurs de la vallée du fleuve Sénégal à Ross-Béthio, qui dénonçaient la mévente de leur production et l’accumulation des stocks.
Dans un communiqué, le ministère sénégalais de l’Industrie et du Commerce réaffirme « son engagement en faveur de la filière rizicole nationale » et assure que des actions concrètes sont en cours pour soutenir les producteurs, améliorer la commercialisation du riz local et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
Cette réaction intervient alors que les riziculteurs de la vallée alertent sur les difficultés d’écoulement de leur production, estimée à plusieurs centaines de milliers de tonnes de riz invendues, une situation qui menace la viabilité économique de la filière.
Le ministère rappelle que plusieurs mesures ont déjà été engagées dans le cadre de la politique d’import-substitution. Parmi elles figurent l’achat, par des importateurs, d’environ 9 000 tonnes de riz blanc à 350 FCFA le kilogramme grâce à l’intermédiation de l’Agence de régulation des marchés et de la Direction du commerce intérieur, ainsi que le gel des importations de banane, d’oignon et de pomme de terre afin de favoriser l’écoulement prioritaire des productions nationales. Une campagne de promotion de la consommation du riz local a également été lancée.
Reconnaissant que le riz sénégalais demeure confronté à un déficit de compétitivité face au riz importé, notamment en raison des coûts de production et des conditions de commercialisation, le département du Commerce indique avoir engagé des concertations avec les commerçants et opérateurs économiques pour mettre en place un mécanisme durable d’achat et de distribution sur l’ensemble du territoire.
À l’issue de ces échanges, plusieurs opérateurs se sont déclarés disposés à acheter du riz local et à participer à son intégration dans les circuits de distribution habituels, selon le communiqué.
Le gouvernement prévoit par ailleurs la signature, mercredi à Dakar, d’un mémorandum d’entente entre l’État et les commerçants partenaires, en présence de la Primature ainsi que des ministères chargés des Finances et de l’Agriculture.
Cet accord doit notamment formaliser les volumes de riz que les commerçants s’engagent à acquérir, fixer un prix de vente de 280 FCFA le kilogramme, auquel s’ajoutera une subvention de 50 FCFA en faveur des riziers, définir les modalités logistiques de distribution et contribuer à la stabilisation des prix dans l’intérêt des producteurs, des distributeurs et des consommateurs.
Le ministère annonce également l’organisation, d’ici à la fin du mois de juillet, d’une tournée de suivi et de comités régionaux de développement (CRD) consacrés à l’écoulement du riz local, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture.
Réaffirmant que la filière rizicole constitue « un pilier stratégique de la sécurité alimentaire et de la souveraineté économique » du Sénégal, les autorités assurent que toutes les dispositions nécessaires seront prises, en concertation avec les acteurs concernés, pour garantir des débouchés durables à la production nationale et restaurer la confiance des producteurs.
TE/Sf/APA







