Le trident infernal des conflits, des coups d’État et des crises climatiques a monopolisé l’actualité africaine tout au long de l’année écoulée, faisant de 2025 une période particulièrement éprouvante pour le continent.
Au-delà des lueurs d’espoir qu’ont représentées les avancées démocratiques matérialisées par des transitions politiques réussies au Ghana, au Malawi, en Namibie et aux Seychelles, l’année 2025 a été marquée par une vague d’agitations politiques. Des pays comme le Kenya, la Tanzanie, le Cameroun et Madagascar ont été secoués par des mouvements de colère populaire. Les griefs allaient des promesses électorales non tenues en matière économique à des régimes fiscaux asphyxiants, en passant par le manque de services sociaux et les malversations électorales, soulignant la crise de gouvernance qui mine le continent.
Kenya : La jeunesse contre l’impôt
Des milliers de jeunes de la Génération Z sont descendus dans les rues de Nairobi pour protester contre une législation fiscale jugée trop contraignante, menaçant, selon eux, leur survie économique. Les affrontements avec la police anti-émeute, qui a eu recours à des tirs à balles réelles, ont coûté la vie à de nombreux manifestants.
Tanzanie : Élections contestées et répression sanglante
Le gouvernement de Samia Suluhu Hassan a fait face à la fureur des manifestants, tant avant qu’après l’élection présidentielle d’octobre. La contestation des résultats, jugés largement truqués en sa faveur, a fait plusieurs morts parmi les protestataires. Les détracteurs de la présidente l’ont accusée d’avoir écarté ou incarcéré de potentiels rivaux pour se garantir la victoire. Sa réélection écrasante a déclenché une vague de colère publique, à laquelle les forces de sécurité ont répondu par une répression musclée des manifestations post-électorales, faisant un nouveau bilan de victimes. Samia Suluhu Hassan est présidente depuis le décès de son prédécesseur, John Magufuli, en 2021.
Cameroun : La longévité politique en question
Au Cameroun, la présidentielle d’octobre a été dominée par la question de la longévité biologique et politique du président Paul Biya. À 92 ans, il briguait un huitième mandat historique, qu’il a remporté avec 54 % des voix. Son principal opposant, Issa Tchiroma Bakary, a finalement fui en Gambie, craignant apparemment pour sa vie, dans un contexte de violence post-électorale à Yaoundé et dans d’autres villes du pays, où les résultats étaient contestés.
Madagascar : Crise des services publics et coup d’État
De septembre à octobre, des protestations spontanées ont balayé l’île de Madagascar. Déclenchées par une crise des services publics sans précédent, elles ont finalement conduit au renversement du président Andry Rajoelina, l’armée annonçant sa destitution par un coup d’État en soutien aux manifestants. Près d’une trentaine de personnes sont mortes en deux mois de contestation ininterrompue. Ce mouvement, initialement une simple demande pour mettre fin aux pénuries d’électricité et d’eau, s’était rapidement mué en une fronde politique réclamant la chute du régime Rajoelina.
Guerres et insurrections : les conflits persistants
Ces turbulences politiques ont eu pour toile de fond les conflits prolongés au Soudan et en République démocratique du Congo d’une part, et les violences sanglantes qui ravagent le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria d’autre part.
Les images désolantes des souffrances au Soudan, déchiré par la guerre, ont agi comme une cicatrice sur la conscience du monde en 2025. Les organisations humanitaires ont qualifié cette situation de pire crise humanitaire des dernières générations.
La guerre civile soudanaise a débuté par une lutte de pouvoir entre le chef de la junte, Abdel Fattah al-Burhan, soutenu par les Forces armées soudanaises, et Mohamed Hamdan Dagalo (Hemeti), qui dirige les Forces de soutien rapide (paramilitaires).
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