Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Office national de la protection civile (ONPC) ont signé ce lundi 8 juin 2026 à Abidjan un mémorandum d’entente historique. Cet accord vise à révolutionner la réponse aux crises en Côte d’Ivoire en y intégrant la santé sexuelle et le genre.
Paraphé par Saïdou Kaboré, le représentant résident du FNUAP en Côte d’Ivoire et Gabin Amankou Kassi (ONPC), le nouvel accord conclu à Abidjan vise à créer un cadre formel pour protéger les populations civiles là où les risques sont les plus élevés.
Selon Lucien Fodjo Koffi, sous-directeur des affaires juridiques et du contentieux à l’ONPC, ce partenariat prévoit spécifiquement l’intégration des questions de santé sexuelle et reproductive et des mécanismes de lutte contre les violences basées sur le genre dans les plans d’urgence de l’ONPC.
Il vise en outre à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de l’ONPC grâce à l’expertise technique du FNUAP dans les domaines de l’évaluation rapide des besoins, de la gestion de l’information humanitaire, de la santé reproductive et de la protection des populations vulnérables.
Ce partenariat permet, par ailleurs, de développer l’analyse anticipative des risques à travers une meilleure utilisation des données démographiques désagrégées et des outils d’analyse prospective, a-t-il fait savoir.

Saïdou Kaboré, représentant résident du FNUAP, a souligné que la signature de ce mémorandum constitue le point de départ d’une collaboration ambitieuse, dont le succès dépendra de leur capacité à transformer leurs engagements en actions concrètes au bénéfice des populations.
Il a formulé le vœu que cet accord contribue durablement à renforcer la résilience de la Côte d’Ivoire face aux crises et à garantir que chaque personne puisse accéder à la protection et aux services essentiels dont elle a besoin, même dans les situations les plus difficiles.
Pour Gabin Amankou Kassi, directeur de l’ONPC, cet évènement marque un tournant important dans leur engagement commun au service des populations, singulièrement celles qui subissent les conséquences des sinistres, mais également les personnes les plus vulnérables.
Amankou Kassi a exprimé sa conviction de bâtir, à travers cette collaboration, des passerelles solides entre la gestion des risques et des situations d’urgence, d’une part, et la promotion de la santé ainsi que la protection des personnes vulnérables, afin que personne ne soit exclu.
Plusieurs domaines de coopération ont été définis dans le cadre de cet accord, notamment l’application du Dispositif minimum d’urgence (DMU) pour la santé sexuelle et reproductive et des normes minimales de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre.

Il prévoit aussi la mobilisation de ressources techniques, matérielles et financières pour soutenir les actions menées sur le terrain. Il met également l’accent sur le renforcement des ressources humaines à travers la constitution d’un vivier national de sage-femmes, de maïeuticiens, d’experts en santé reproductive et de spécialistes de la lutte contre les violences basées sur le genre intervenant en contexte humanitaire.
L’accord ambitionne par ailleurs le développement des mécanismes de prépositionnement et de stockage stratégique des équipements et intrants destinés aux interventions d’urgence. Il prévoit le renforcement de la collecte, de l’analyse et de l’exploitation des données démographiques afin d’améliorer la planification, l’anticipation des risques et l’efficacité des réponses apportées aux populations affectées par les crises.
Le partenariat couvre l’ensemble du territoire national, avec une attention particulière accordée aux régions du Nord et du Nord-Est de la Côte d’Ivoire, davantage exposées aux risques sécuritaires et aux mouvements de populations liés aux crises observées dans certains pays voisins.
Les zones urbaines, notamment le District d’Abidjan et ses périphéries, régulièrement confrontés aux inondations et autres catastrophes naturelles, figurent également parmi les espaces prioritaires d’intervention.
Les bénéficiaires directs de ce partenariat sont les femmes en âge de procréer, les adolescentes et jeunes filles, les femmes enceintes, les réfugiés, les personnes déplacées internes ainsi que les autres populations vulnérables affectées par les crises humanitaires.
AP/Sf/APA





