Réunis à Istanbul à l’occasion de la troisième édition du Sommet mondial de l’économie islamique, des dirigeants, responsables financiers et experts de plusieurs pays ont appelé à repenser le rôle du capital afin de le réorienter vers le développement humain et la réduction des inégalités.
Le président de la Fédération des chambres saoudiennes, Abdullah Saleh Kamel, a plaidé pour une « réintroduction de l’éthique dans le capital », estimant que les déséquilibres économiques mondiaux résultent en partie de la transformation du capital en un instrument « négatif » au service exclusif de ses détenteurs, au détriment des populations les plus vulnérables, selon une note parvenue à APA.
S’exprimant lors de la 3e édition du Sommet mondial de l’économie islamique, organisée par le Forum Al Baraka du 3 au 6 juin 2026, il a appelé à une économie fondée sur la justice et la création de richesse au service du développement, plutôt que sur la seule recherche du profit.
Il a également critiqué les pratiques actuelles de responsabilité sociale des entreprises, qu’il juge insuffisantes face aux impacts environnementaux et sociaux des activités économiques, estimant qu’elles restent éloignées du principe islamique selon lequel « nul ne doit causer ni subir de préjudice ».
Sur le plan économique, il a souligné la concentration croissante des richesses entre les mains du 1 % le plus fortuné, accentuant les inégalités à l’intérieur des pays comme à l’échelle mondiale. Il a également mis en avant la pression croissante du service de la dette souveraine sur les économies, qu’elles soient développées ou en développement.
Face à ces défis, Abdullah Saleh Kamel a présenté les principes de la finance islamique, fondés sur un capital productif au service du développement, l’interdiction de la spéculation et de l’usure (riba), ainsi que la redistribution via la zakat, les dons caritatifs et les fondations waqf.
Il a appelé à faire de ce sommet un cadre de réflexion et d’action pour une mobilisation du capital musulman au service du développement humain, une ambition qui, selon lui, dépasse les communautés musulmanes pour bénéficier à l’ensemble de l’humanité.
Organisée sous le patronage du président turc Recep Tayyip Erdoğan, la rencontre a réuni des ministres, des gouverneurs de banques centrales et des dirigeants d’institutions financières de plusieurs pays.
ARD/te/Sf/APA





